La police en quête d'une piste — Cambriolage spectaculaire

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Si la directrice du musée, Marion Ackermann, n'a pas donné une estimation chiffrée du préjudice, c'est que les parures de diamants et rubis ont "une valeur inestimable" et font partie du "patrimoine culturel mondial".

À l'aube du lundi 25 novembre, au moins deux personnes sont parvenues à s'introduire dans le musée. Mme Ackermann avait parlé la veille d'un préjudice d'une valeur historique et culturelle "inestimable" et non chiffrable. Celui-ci a détruit un transformateur électrique situé sous le pont Auguste situé à proximité, et plongé le quartier dans le noir. Les enquêteurs se sont toutefois refusés à ce stade à établir un lien entre les deux évènements.

Construit au XVIe siècle, le musée est réputé posséder une des plus importantes collections de bijoux anciens en Europe. Les responsables du musée craignent à présent que les voleurs ne taillent les bijoux pour les revendre sous une autre forme. Une caméra de surveillance a tout de même continué de fonctionner et a filmé les deux hommes. Les voleurs seraient entrés par une petite ouverture d'une des fenêtres du musée, accédant ainsi aux parures.

Les alentours du musée ont été totalement bouclés par les policiers et le musée est resté fermé toute la journée. Les visiteurs s'y pressent pour voir 4.000 bijoux et objets d'art en or, argent, porcelaine, pierres précieuses ou encore en ivoire accumulés par les rois et les princes électeurs de Saxe.

L'Armée rouge avait mis la main sur une partie des oeuvres, emportées en Union soviétique, avant d'être rapatriées en 1958 à Dresde, une des principales villes de RDA.

Parmi ses trésors figure une tête de Maure de 64 centimètres, constellée d'émeraudes, et un saphir de 548 carats offert par le tsar Pierre Ier de Russie. La pièce la plus prestigieuse du musée, un diamant vert de 41 carats, pièce maîtresse d'un pendentif floral, actuellement exposée à New York, a échappé au vol.

La ministre de la Culture, Monika Grütters, a souligné que ce vol "de pièces constitutives de notre identité en tant que nation culturelle nous touche au coeur".

Le musée avait été rénové en 2004, les anciennes collections étant désormais entreposées au rez-de-chaussée, où a été commis le vol, et le premier étage accueillant des expositions temporaires.

Il s'agit du deuxième vol d'importance en Allemagne ces dernières années: en 2017, une pièce d'or géante de 100 kilos, d'une valeur d'environ 3,75 millions d'euros, avait été dérobée au Bode-Museum de Berlin.

Plusieurs auteurs présumés du vol sont en procès. Les cambrioleurs - qui appartiennent à un clan libanais connu pour ses membres multirécidivistes - avaient été arrêtés mais la pièce, sans doute fondue, est toujours introuvable.

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