La société de métallurgie Tim mise en liquidation, 304 emplois supprimés

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Le tribunal de commerce de Lille a prononcé, mercredi 27 novembre 2019, la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité de la société Tim. Aucune offre de reprise n'a été reçue.

L'entreprise, qui connaissait d'importantes difficultés financières, avait été placée en redressement judiciaire fin août.

La société allemande d'engins de chantier Atlas GMBH, contrôlée par l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov, avait repris l'entreprise Tim en juillet 2017, la sauvant de la liquidation et conservant alors 446 des 470 emplois. "Monsieur Filipov a tout fait pour qu'il n'y ait pas de repreneur", a déclaré Olivier Crespin, délégué CGT. "Donc, maintenant, j'espère que, civilement, il va payer et que pour les 304 salariés, il y aura un suivi, qu'ils ne partiront pas les mains vides, parce que c'est honteux de voir ça, honteux!", a encore lâché M. Crespin, pendant que M. Filipov, quittant l'audience, glissait simplement: "bien sûr" que c'est un échec. "C'est un échec, évidemment".

Dans ce dossier, dix salariés, représentants CGT et FO, ont également déposé une plainte contre X le 20 novembre pour escroquerie visant l'opération de reprise menée en 2017. "Donc il y a quelqu'un qui ment", a dénoncé Franck Demeester, élu CFDT. La secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, affirmait encore lundi avoir "débloqué" un prêt de 2 millions d'euros promis en 2017.

A qui la faute si cette liquidation est prononcée deux ans plus tard?

"Il y a une question à poser à M. Filipov: où seront produites les cabines dont il a besoin pour Atlas?", a-t-il dit. Interrogé, Bercy dit ne pas savoir pour l'instant, mais affirme que "c'est évidemment une question qu'on regarde".

Atlas était l'un des principaux clients, avec l'Américain Caterpillar qui avait annoncé se retirer.

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