"407,8 ppm", un nouveau record pour la surchauffe

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Comme chaque année depuis 1979 - date à laquelle ont commencé les relevés -, la concentration de gaz à effets de serre dans l'atmosphère a atteint un nouveau record en 2018, constate l'ONU dans son bulletin annuel publié ce lundi.

Le bulletin de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), cet organisme spécialisé des Nations unies, s'attarde, non pas sur les émissions des gaz à effets de serre, mais sur leur concentration dans l'atmosphère. La température moyenne était alors de 2 à 3 °C plus élevée qu'aujourd'hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel.

D'après les scientifiques, le dioxyde de carbone (CO2), qui est associé aux activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l'atmosphère, atteint donc désormais 407,8 parties par million (ppm), soit 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Les concentrations mondiales de CO2 ont franchi la barre de 400 ppm en 2015. Les gaz à effet de serre, de plus en plus concentrés, retiennent trop de chaleur et la température terrestre monte.

"Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l'Accord de Paris sur le climat".

Le méthane, dont 60 % des émissions sont d'origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges...), et le protoxyde d'azote, dont 40 % des émissions sont d'origine humaine (engrais, processus industriels...), ont aussi atteint des pics de concentration. Celles d'oxyde nitreux se sont étendues pour atteindre 333,1 ppb, plus de 120% par rapport à l'ère préindustrielle, dit l'ONU. Cette tendance à long terme signifie que les générations futures seront confrontées à une aggravation des conséquences du changement climatique: hausse des températures, augmentation du nombre et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, stress hydrique, élévation du niveau de la mer, perturbation de tous les écosystèmes. Le protoxyde d'azote joue par ailleurs un rôle important dans la destruction de la couche d'ozone stratosphérique, qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil. Mais certaines particules persistent pendant des siècles dans l'air et dans l'eau. Un temps de résidence irréversible durant lequel ces gaz accélèrent l'effet de serre, autrement dit le processus naturel responsable des variations climatiques. Nous devons traduire ces engagements en actions et accroître le niveau d'ambition pour le bien-être futur de l'humanité. Selon les chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis cités dans le bulletin de l'OMM, le CO2 représente environ 80 % de ce chiffre.

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