Disparition d'une fillette en 2003: le tueur en série Fourniret accusé

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La mise en examen de Michel Fourniret pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" éclaire d'un nouveau jour, peut-être décisif, des investigations embourbées pendant plus de 15 ans malgré des centaines d'interrogatoires et les efforts inlassables de la famille Mouzin auprès des médias. En guise d'alibi, l'" ogre des Ardennes " invoquait un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire.

Interrogé par des journalistes avant le début de l'audition, les avocats de Michel Fourniret n'ont pas souhaité faire de commentaires.

C'est la première fois que le tueur en série, entendu à plusieurs reprises depuis la disparition de la fillette à Guermantes (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2003, est formellement mis en cause dans cette affaire.

Le tueur en série avait toujours assuré jusqu'alors n'avoir rien à voir avec la disparition d'Estelle Mouzin, survenue le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), expliquant qu'il se trouvait ce jour-là à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique. Cet appel avait été attesté par des relevés téléphoniques. Entendue jeudi dernier par la juge Khéris, elle avait raconté avoir elle-même passé ce coup de téléphone, à la demande de son mari.

L'affaire Estelle Mouzin était remontée jusqu'au sommet de l'Etat, Nicolas Sarkozy ayant promis aux parents, lorsqu'il était président, que tout serait mis en oeuvre pour faire la lumière. "Il était ailleurs", avait indiqué l'avocat de Monique Olivier, Me Richard Delgenes. "On sait qu'une copine de la fillette a été importunée trois semaines avant par un homme qui a essayé de la faire monter dans une camionnette blanche comme celle qu'a Fourniret". Mais "situer et dater ses absences de janvier 2003, c'est un peu compliqué aujourd'hui", a souligné Me Delgenes. Cette audition devait notamment venir éclaircir l'alibi mais aussi l'emploi du temps de Michel Fourniret le jour des faits. Son corps n'a jamais été retrouvé et les nombreuses pistes envisagées par les enquêteurs n'ont rien donné.

Des déclarations considérées comme des "aveux en creux" par les avocats du père d'Estelle Mouzin, engagé dans un combat sans relâche pour connaître la vérité sur la disparition de sa fille.

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