Dopage : Un cataclysme sportif menace la Russie

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Comme l'observe le New York Times, le vote de l'AMA "sera un test crucial de la capacité de l'agence à faire appliquer ses règles, car le caractère éhonté des dernières violations du règlement par la Russie enfreint non seulement l'esprit, mais aussi la lettre de la loi mondiale antidopage".

"Injuste", "triste", "choc". le monde sportif russe s'est réveillé ce mardi amer et abasourdi après la recommandation d'un comité indépendant de l'AMA.

"Les données de Moscou ne sont ni complètes ni entièrement authentiques", a fustigé l'agence dans son communiqué. Il a déclaré s'attendre à ce que l'Agence mondiale antidopage (AMA) suive les recommandations de son comité indépendant et suspende la Russie pour quatre ans des futures compétitions sportives. "Pour quatre ans de plus, nous nous plongeons dans une nouvelle crise antidopage", a estimé M. Ganous. Or, la remise de ces données était une condition fixée par l'AMA pour lever de précédentes sanctions contre l'agence antidopage russe (Rusada), au coeur d'un système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015 déjà à l'origine d'un vaste scandale.

Un comité indépendant de l'Agence mondiale antidopage (AMA) a recommandé lundi une suspension de quatre ans de la Russie des futures compétitions sportives, qui concerne les prochains JO de Tokyo, pour avoir falsifié des données de laboratoire transmises aux enquêteurs de l'Agence.

Du coup, la manière forte est préconisée: pendant quatre ans, aucun officiel russe, ni le drapeau du pays, ni son hymne n'auraient droit de cité lors des Jeux olympiques (d'été, d'hiver, de la jeunesse ou paralympiques).

Le CRC soupçonne même que des "preuves fabriquées de toutes pièces" aient pu être implantées dans la base de données pour faire accuser l'ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou, Grigori Rodchenkov, aujourd'hui réfugié aux Etats-Unis, où il a été l'un des témoins clés pour mettre au jour le système de dopage russe. Cela concernerait donc les Jeux d'été de Tokyo-2020 et ceux d'hiver à Pékin en 2022.

De plus, les sportifs russes ne pourraient participer à de grandes compétitions sportives internationales que lorsqu'ils seront "en mesure de démontrer qu'ils ne sont impliqués en aucune manière" par l'affaire.

La Russie, qui a fait du sport un outil de sa puissance sur la scène internationale, ne serait aussi plus autorisée à poser sa candidature à l'attribution d'événements sportifs internationaux, notamment les Jeux olympiques. Pire, si des événements lui ont déjà été attribués, l'organisateur devra les lui retirer et les "réattribuer à un autre pays, sauf si c'est impossible d'un point de vue légal ou pratique". L'édition 2020, pour laquelle la Russie est qualifiée, a lieu dans 12 villes de 12 pays, dont Saint-Pétersbourg, qui doit accueillir 4 rencontres. Et il faudra voir ensuite comment des organismes comme le Comité international olympique (CIO) appliquent ou interprètent ces sanctions.

Dans un communiqué publié mardi, le Comité international olympique (CIO) a réagi aux recommandations en soulignant " la seule responsabilité des autorités russes", et non du mouvement sportif ou du Comité olympique russe, dans cette affaire. Dans tout les cas, il appartiendra au Tribunal arbitral du sport (TAS) de se prononcer en dernier recours.

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