Chirurgien accusé de pédophilie en Bretagne : 250 victimes potentielles, 184 plaintes déposées

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Au bout du compte, les gendarmes ont pu identifier "250 potentielles victimes de faits non prescrits", un chiffre exceptionnel pour ce type d'affaire, et "184 ont souhaité déposer plainte", a annoncé lundi dans un communiqué le procureur de La Rochelle Laurent Zuchowicz.

Dans le cadre d'une première affaire, le chirurgien de 68 ans, Joël Le Scouarnec, a été renvoyé devant la cour d'assises de Charente-Maritime, à Saintes, où il sera jugé entre le 13 et 17 mars 2020, pour viol sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité, agressions sexuelles et exhibition sexuelle. En détention provisoire depuis, il reconnaît partiellement les faits. Durant cette période, le chirurgien a travaillé dans le centre et l'ouest de la France, notamment à l'hôpital de Jonzac, lieu de son dernier domicile.

C'est une liste de victime présumées qui, au fil des mois, ne cesse de s'allonger.

De nouvelles investigations, déclenchées après la découverte de carnets intimes lors d'une perquisition à son domicile, avaient été lancées pour auditionner d'autres éventuelles victimes. Devenus le point de départ du second volet, ces carnets répertorient les garçons d'un côté, et les filles de l'autre avec les noms et les prénoms, et parfois les coordonnées, indiquait cet été une source proche de l'enquête.

Des images pédopornographiques, des poupées cachées dans le plancher et des perruques ont également été retrouvées.

Les enquêteurs tentent depuis de déterminer si ces carnets décrivent des agressions sexuelles ou viols qui se sont effectivement produits, ou s'il s'agit de simples "fantasmes", comme le martèle l'avocat du chirurgien gastrique dans le volet charentais, Thibaut Kurzawa. Le procureur de la République de La Rochelle a indiqué que 181 plaignants " étaient mineurs au moment des faits ". Il a ajouté avoir été dessaisi du dossier au profit du parquet de Lorient, relate Le Bien Public. Se sont-ils tus? L'enquête le dira.

Le processus judiciaire a débuté au printemps 2017 à Jonzac, lorsqu'une fillette de 6 ans, après une promenade au cours de laquelle elle a croisé son voisin, alerte son père sur le fait que " le monsieur [lui] a fait voir son zizi " par le passé, rapporte Le Parisien. En effet, le chirurgien de Jonzac avait déjà été condamné en 2005 pour possession d'images pédopornographiques.

"La voix de L'Enfant va s'assurer qu'il y ait des enquêteurs formés et en nombre", a déclaré à l'AFP Martine Brousse, présidente de l'association de défense des enfants, partie civile au procès.

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