Grenelle des violences conjugales, les mesures du gouvernement

Share

Elles dénoncent un manque de moyens financiers pour lutter contre ces violences faites aux femmes. À l'occasion de la clôture du Grenelle contre les violences conjugales, le Premier ministre Édouard Phillippe a annoncé lundi les mesures adoptées par le gouvernement pour prévenir les violences conjugales et protéger les victimes.

Au total, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres de son gouvernement, doit présenter ou confirmer lundi matin une "cinquantaine de mesures" en conclusion de cette concertation lancée début septembre pour endiguer le fléau des féminicides.

Il s'agira notamment de "mieux définir dans notre droit ce que recouvre le terme de violences", en créant une "nouvelle circonstance aggravante pour les auteurs de violences dans le cas de harcèlement ayant conduit au suicide", ou encore en inscrivant dans la loi la notion d'"emprise" psychologique.

Il a indiqué que l'ensemble du plan bénéficierait de "financements massifs", confirmant le chiffre de 360 millions d'euros dédiés à la lutte contre les violences faites aux femmes "en une année".

Depuis début 2019, au moins 117 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. "On va dire aux femmes qu'elles ne sont pas à l'origine de ce qui leur arrive mais qu'elles en sont victimes, et on peut traiter les violences psychologiques comme les violences physiques", a-t-il complété. Pour améliorer la réactivité des services, le 3919, numéro spécifique pour les victimes et les témoins de violences sexistes et sexuelles sera joignable 24 heures sur 24,7 J sur 7.

Il a également confirmé que les règles régissant le secret médical seraient aménagées, afin de permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement les " cas d'urgence absolue, où il existe un risque sérieux de renouvellement de violence ".

Une dizaine de mesures avaient été annoncées dès l'ouverture du Grenelle, le 3 septembre, dont la création de 1.000 nouvelles places d'hébergement et de logement d'urgence pour les femmes victimes ou la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital.

Des postes supplémentaires d'intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries devraient aussi être créés.

Reprenant les annonces faîtes par la secrétaire d'État à l'égalité femmes hommes Marlène Schiappa dimanche 24 novembre, Édouard Philippe a mis en avant la volonté de créer deux centres de prise en charge des hommes auteurs de violences conjugales par région.

Saluant " des avancées très concrètes dès 2020 dans la loi", la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert a néanmoins regretté auprès que "le gouvernement ne prenne pas conscience que ces campagnes de sensibilisation aux violences conduisent de nombreuses femmes à solliciter les associations, et qu'elles n'ont pas plus de moyens pour les aider". "Nous allons proposer aux personnels des établissement un formulaire unique de signalement en plus de la formation", précise le Premier ministre qui prévoit également la suppression de l'obligation alimentaire, qui contraint aujourd'hui les enfants, une fois devenus adultes, à prendre en charge financièrement leur père, même s'il a été violent.

Edouard Philippe annoncé, dès janvier 2020, la proposition d'un texte au Parlement pour "suspendre l'autorité parentale" des pères violents.

Share