Perpétuité requise contre le jihadiste franco-marocain Bilal Taghi

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Bilal Taghi a été condamné à 28 ans de prison vendredi 22 novembre pour avoir tenté d'assassiner deux surveillants de la prison d'Osny (Val-d'Oise) en 2016.

L'accusé avait atteint l'un des gardiens au niveau de la gorge, avant de s'attaquer à un autre venu s'interposer.

Le Franco-Marocain, 27 ans, déjà condamné à cinq ans de prison pour un départ avorté en Syrie, avait reconnu avoir voulu tuer un représentant de l'État français au nom de Daech et dit son intention de recommencer s'il en avait "l'occasion".

Alors que l'accusation avait requis la perpétuité contre un "fanatique" à l'"engagement irrémédiable dans une idéologie radicale", la défense a salué "la main tendue de la justice pour qu'un jour il puisse revenir dans la communauté des hommes". "Je pense que tout n'est pas perdu", lui avait lancé Philippe X., le surveillant victime de son attaque, l'invitant à méditer "au sens qu'il voulait donner à sa vie".

Estimant que le jeune jihadiste a agi seul - ce qui " est une fierté pour lui " -, le magistrat a demandé l'acquittement pour l'infraction d'association de malfaiteurs terroriste.

"Un changement auquel l'accusation ne croit pas une seconde". L'aboutissement du jihad, c'est la prison ou la mort. "Je vous demande de lui donner la prison", déclare l'avocat général. L'avocat général s'était attaché à décrire l'ancrage de Bilal Taghi dans la violence, dès son enfance, et sa recherche désespérée d'un cadre, qu'il allait trouver dans l'idéologie djihadiste.

Après l'énoncé du verdict, Bilal Taghi s'est affaissé sur son banc dans un soufflement de soulagement. "Derrière les bouffonneries qu'il donne à voir au quotidien, Bilal Taghi est constamment à l'affût". En attendant les équipes d'intervention qui le maîtriseront trois heures plus tard, il sourit à la caméra, fait sa prière et trace un coeur sur une vitre après avoir trempé son doigt dans le sang qui macule le sol. Selon lui, "il a réussi à semer la terreur dans une prison, il est devenu une star. C'est pour lui une victoire, une fierté", affirme M. Michelin.

Tout l'enjeu de ce procès était centré non pas sur la détermination de la culpabilité, acquise dès le départ, mais sur la capacité de réinsertion d'un homme de 27 ans, après des années au service du djihad.

La cour d'assises spéciale, uniquement composée de magistrats, n'a pas expliqué sa décision. Mardi dernier, Bilal en a remis une couche: "Putain, je suis désolé", bredouillait-il, entre deux sanglots, avant de se rasseoir lourdement dans le box, rapporte le même média.

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