A Amiens, Emmanuel Macron sèchement reçu par d'anciens salariés de Whirlpool

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"Il ne faut plus embaucher de nouveaux jeunes qui seront dans le système historique, ça n'a plus aucun sens", a-t-il insisté. "Je ne vais pas expliquer au chauffeur de bus d'Amiens que sa retraite n'a rien à voir avec (celle) d'un chauffeur de la RATP!".

"Cette mobilisation est une mobilisation de salariés, d'entreprises qui relèvent des régimes spéciaux".

"Emmanuel Macron " nous prend pour des cons une deuxième fois " en exprimant sa déception quant à l'ancien site de Whirlpool, a dénoncé vendredi le député LFI de la Somme François Ruffin qui a exhorté le président à reconnaître que l'État avait " merdé", le projet de reprise s'étant soldé par un échec. "Il y a des gens qui disent que rien ne va et qui ne proposent rien", a-t-il martelé ensuite sur BFMTV.

Résultat: étant donné que l'on ne "connaît pas" encore "les termes de exacts" de la réforme des retraites qu'il entend porter - un grand débat a lieu actuellement -, le chef de l'État considère que les grévistes du 5 décembre seront ceux "qui défendent le maintien des régimes spéciaux".

"Le droit de manifester doit être respecté, dans un cadre, celui de la non-violence". Tous les jours, je me mords les doigts d'avoir mis cette signature. "Toute formation politique comme toute formation syndicale s'honoreraient à exprimer clairement ce distinguo", a-t-il répété.

Pas question de montrer une quelconque fébrilité avant la journée de grève du 5 décembre, qui inquiète l'exécutif.

Au cours d'une succession d'étapes, il est retourné "au contact" de la population dans sa ville natale d'Amiens, notamment lors d'un long bain de foule dans un quartier populaire.

Dans un hangar presque vide, il a discuté pied-à-pied pendant 1h30 avec des ex-employés en colère qui l'accusaient d'avoir été "berné" par le repreneur en liquidation.

Le député Insoumis François Ruffin en a lui aussi profité pour interpeller le président. Une petite centaine de manifestants ont tenté de rallier la Citadelle où le chef de l'Etat a inauguré le site de l'université mais ont été bloqués par les forces de l'ordre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a été reçu sèchement. "Non", a défendu le président, qui était venu sur le site, comme sa rivale Marine Le Pen, pendant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle en avril 2017.

Le chef de l'État a enchaîné avec deux bains de foule dans un quartier populaire du nord d'Amiens, dans une ambiance plutôt bienveillante. Venu inaugurer la première antenne France Services, qui regroupe plusieurs services publics, il a répondu à ceux qui l'interpellaient sur des problèmes de pouvoir d'achat. "On a l'impression si on s'écoute collectivement, si on branche la radio ou qu'on allume la télé, que tout est terrible (.) En ce moment notre pays est, je trouve, trop négatif sur lui-même", a déclaré le chef de l'Etat en répondant à des étudiants lors de l'inauguration du nouveau site universitaire. Et pour entamer sa journée, il s'est penché sur l'amélioration des dessertes ferroviaires dans la Somme, en s'entretenant avec le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.

Il a également annoncé la finalisation du financement, évalué à cinq milliards d'euros, du canal Seine-Nord, qui permettra le transport de marchandises par voie d'eau entre les pays du Benelux et la région parisienne. Ouverture prévue dans une dizaine d'années.

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