Un proche de Trump livre un témoignage accablant contre lui — Affaire ukrainienne

Share

"Au-delà" du Watergate: l'élu démocrate en charge de l'enquête en destitution contre Donald Trump a conclu jeudi une série d'auditions publiques en assurant que les faits reprochés au locataire de la Maison Blanche étaient "bien plus graves" que ceux commis par l'ancien président Richard Nixon.

Auditionné devant le Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président républicain Donald Trump, l'ambassadeur auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a affirmé que "tout le monde était dans la boucle". "Donald Trump risque une mise en accusation (" impeachment ") à la Chambre des représentants à cause d'un appel téléphonique estival, au cours duquel il a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur un potentiel adversaire à la présidentielle de 2020, Joe Biden.

L'opposition veut toutefois savoir si le 45e président des Etats-Unis a abusé de son pouvoir pour exercer un chantage sur Kiev à des fins électoralistes.

"Y a-t-il eu un "donnant-donnant"?" L'homme d'affaires, et gros donateur pour la campagne de Donald Trump, a expliqué avoir travaillé avec l'avocat personnel de Trump, Rudy Guliani, sur les problématiques ukrainiennes, sur ordre du président, sans en avoir envie. Ils soupçonnent Donald Trump d'avoir conditionné l'attribution d'une aide militaire à l'Ukraine - qui fait face à une rébellion pro-Russe dans l'est du pays - à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne.

" Les assistants de la Maison-Blanche ont déclaré que Sondland était le témoin le plus dommageable jusqu'à présent parce qu'il a eu des interactions avec Trump et qu'il a décrit les problèmes clés en des termes infâmes", écrivent Seung Min Kim, Josh Dawsey et Kayla Epstein Dans le Washington Post. "En l'absence d'explication crédible pour sa suspension, je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l'aide sécuritaire n'interviendrait pas tant qu'il n'y aurait pas une déclaration publique de l'Ukraine s'engageant à mener les enquêtes ", a-t-il témoigné.

Pressé par les démocrates, il a maintenu que le président Trump ne lui avait "jamais dit directement que l'aide était conditionnée " aux enquêtes.

L'enjeu est connu: une aide militaire américaine à l'Ukraine pour 400 M$. Or l'une des lignes de défense des républicains est de moquer une accumulation de témoignages de seconde main.

Mais Gordon Sondland avait eu jusqu'ici quelques problèmes de mémoire, et a dû plusieurs fois compléter sa première déposition, réalisée mi-octobre à huis clos, après avoir été confronté aux témoignages d'autres témoins, qui lui ont attribué une position centrale.

Après avoir consulté la Maison-Blanche et le ministère de la Justice, ce dernier bloque le document. L'administration Trump refuse en effet de coopérer avec l'enquête.

Le camp républicain, qui fait bloc derrière le président et n'hésite pas à attaquer la crédibilité des témoins qui ont accepté de se présenter aux auditions, a déjà commencé à minimiser l'importance des liens entre Donald Trump et Gordon Sondland.

Si les démocrates, qui contrôlent la Chambre des représentants, devraient parvenir à mettre en accusation le président, le dernier mot reviendra ensuite au Sénat, à majorité républicaine, rendant pour l'heure très improbable une destitution.

Share