Hôpital public : le gouvernement français dévoile son plan d'urgence

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Les annonces de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en juin et en septembre, chiffrées à 750 millions d'euros sur trois ans, n'avaient pas suffi à mettre fin à la grève inédite des urgences démarrée en mars. Edouard Philippe et Agnès Buzyn ont annoncé une série de mesures budgétaires, salariales mais également de réforme de la gouvernance. L'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), qui sert à limiter leur progression naturelle, sera ainsi relevé de 2,3 à 2,45% dans le cadre du budget de la Sécu pour 2020, en cours d'examen au Parlement, l'Ondam hospitalier passant de 2,1% à 2,4%. Cet allégement devrait permettre de "moderniser les hôpitaux actuels".

Beaucoup de belles paroles auxquelles sont adjoints des chiffres qui claquent: " 10 milliards d'euros de reprise de dettes ", " 1,5 milliard d'euros de moyens supplémentaires", " des primes pour le personnel ". Ces montants s'ajouteront à la trajectoire budgétaire déjà retenue pour les hôpitaux, a précisé le Premier ministre.

Autre bouffée d'air pour les hôpitaux: les tarifs hospitaliers augmenteront de 0,2% minimum chaque année jusqu'à la fin du quinquennat.

Le collectif Inter-Urgences réclamait une revalorisation mensuelle de 300 euros mais Agnès Buzyn a exclu mi-octobre une "hausse générale des salaires".

L'exécutif a annoncé des mesures spécifiques pour les hôpitaux de l'agglomération parisienne, avec une prime annuelle de 800 euros pour les 40.000 infirmiers et aide-soignants qui touchent moins de 1.900 euros par mois. Les salaires seront aussi augmentés en début de carrière, avec la fusion des quatre premiers échelons de la grille des praticiens hospitaliers et l'attribution de l'indemnité de service public exclusif dès la "période probatoire" précédant leur titularisation. La prime d'exercice territorial, encourageant le travail des médecins dans plusieurs établissements, sera également augmentée et son nombre de bénéficiaires élargi.

Par ailleurs, une prime annuelle de 300 euros "pourra bénéficier à 600 000 professionnels de santé" sur l'ensemble du territoire.

Par ailleurs, une enveloppe de 200 millions d'euros sera laissée "à la main " des hôpitaux "pour récompenser, selon des critères qu'ils auront eux-mêmes définis, l'engagement et l'investissement des personnels ".

Les mesures devront permettre aux médecins de prendre, avec la direction des établissements, "des décisions conjointes sur le projet médical, les nominations de chefs de services et de pôles et l'investissement du quotidien". Il est également envisagé "d'ouvrir le vivier des chefs d'établissements aux médecins", de "revaloriser" les fonctions de management, "d'alléger les charges administratives inutiles" et de "soumettre les modalités de recrutement à un choc de simplification".

A cette fin, elle a annoncé "des campagnes de contrôle dans les prochaines semaines " pour s'assurer "du respect de la réglementation ". En outre, seront créés "des dispositifs d'intérim public, à l'échelle des groupements hospitaliers, qui seront très attractifs".

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