Incendie au campus PolyU — Université d'Hong Kong

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Juste avant l'aube, certains manifestants se sont rendus à la police. Les forces de l'ordre ont dit avoir tiré trois balles au petit matin près de l'université, précisant que personne n'avait été blessé. Un blindé de la police a notamment été incendié par des cocktails Molotov alors que les forces de l'ordre tentaient de reprendre le contrôle d'un pont-passerelle.

Plus tard dans la matinée, le président de l'Université polytechnique, Teng Jin-guang, a déclaré dans une vidéo postée en ligne qu'il avait conclu une trêve avec la police pour permettre aux manifestants de quitter le campus de manière pacifique. Ils avaient lancé des cocktails Molotov sur les policiers pour les repousser.

Après qu'un policier a été blessé dimanche par une flèche tirée par un manifestant autour de ce campus cerné par des barricades en flammes, la police a lancé dans la nuit son avertissement sur l'utilisation de "balles réelles", le premier de ce type depuis le début des protestations.

Ces déclarations interviennent alors que le Royaume-Uni, par la voix d'un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, s'est dit lundi "extrêmement préoccupé par l'escalade des violences du côté des manifestants comme des autorités aux abords des campus universitaires de Hong Kong". S'ils poursuivaient des actions aussi dangereuses, nous n'aurions pas d'autre choix que d'utiliser la force minimale nécessaire, y compris les balles réelles, pour riposter.

Des journalistes de l'AFP ont observé que les manifestants tentant de quitter le campus étaient parfois accueillis par des gaz lacrymogènes et obligés de retourner dans l'université.

Les policiers hongkongais ne se sont servis que lors d'incidents isolés de leur arme de service, sans faire de mort.

Les policiers ont jusqu'ici riposté par des balles en caoutchouc et des canons à eaux, les manifestants se protégeant avec des parapluies. Lundi, une jeune femme de 19 ans se faisant appeler "K" faisait part du désespoir des manifestants retranchés dans la PolyU, dont elle a estimé le nombre à 200. "Nous ne savons pas quand la police va intervenir".

La contestation est montée d'un cran lundi dernier avec une nouvelle stratégie baptisée "Eclore partout" (Blossom Everywhere), qui consiste à multiplier les actions - blocages, affrontements, vandalisme - pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Conséquence: un blocage général des transports en commun, qui a considérablement compliqué la vie des employés allant au travail. Lundi, les écoles de la mégapole n'ont pas rouvert leurs portes. Cette stratégie a eu pour effet d'ancrer la contestation dans plusieurs lieux comme les campus, alors que les manifestants préconisaient au cours des mois précédents d'être insaisissables et fluides "comme l'eau".

Auparavant des militants avaient repoussé la police qui tentait de pénétrer sur le campus en tirant des pierres avec une catapulte depuis le toit de PolyU. Des archers masqués armés d'arcs de compétition récupérés dans des salles de sport on également été aperçus.

Les protestataires entendent poursuivre les blocages pour "étrangler l'économie" d'un des principaux centres financiers de la planète, désormais en récession.

Les soldats de l'armée chinoise, présents à Hong Kong depuis la rétrocession de l'ex-colonie en 1997, sont sortis ce weekend de leur caserne pour déblayer certaines rues de leurs barricades. Une appartition rarissime et fortement symbolique de l'armée chinoise, qui fait fait normalement profil bas à Hong Kong.

Autre message menaçant à l'endroit de la contestation, Pékin a balayé mardi la décision de la justice hongkongaise, qui avait jugé lundi anticonstitutionnelle l'interdiction du port du masque, que l'exécutif avait décidée pour couper l'herbe sous le pied des manifestants.

Le président Xi Jinping a adressé la semaine dernière sa mise en garde la plus claire à ce jour, affirmant que la contestation menaçait le principe "Un pays, deux systèmes" qui a présidé à la rétrocession en 1997.

Le ministre chinois de la Défense Wu Qian a aussi défendu lundi cette sortie en répétant que l'armée avait les moyens d'étouffer la contestation. "Nous avons la résolution et le pouvoir suffisants pour mettre fin aux troubles".

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