Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

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Les Etats-Unis font un nouveau pas vers Israël. "Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, [nous concluons que] l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international", a déclaré lundi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l'ONU et une grande partie de la communauté internationale.

Mais la politique américaine s'appuyait en fait jusqu'ici, au moins théoriquement, sur un avis juridique du département d'Etat remontant à 1978, selon lequel "l'établissement de colonies de population dans ces territoires" n'était "pas conforme au droit international". La vérité, c'est qu'il n'y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix.

Le secrétaire d'Etat des Etats-Unis a tenu à présenter cette annonce comme un retour à l'interprétation du président Ronald Reagan au début des années 1980, se démarquant surtout de la précédente administration démocrate de Barack Obama qui avait vivement condamné la colonisation.

Par cette décision, l'exécutif américain poursuit la politique conciliante menée par Donald Trump envers Israël depuis son entrée à la Maison-Blanche.

A la même époque, le président américain avait annoncé la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, dénoncé par l'Etat hébreu.

Sur Twitter L'ex-ambassadeur des Etats-Unis en Israël a taclé l'actuel ambassadeur américain à Jérusalem David Friedman.

Le timing de l'annonce du secrétaire d'Etat ce lundi est susceptible d'appuyer directement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui tente d'arracher un nouveau mandat à la tête du gouvernement. "La position de l'Union européenne sur la politique de colonisation israélienne dans le territoire palestinien occupé est claire et reste inchangée: toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux Etats et les perspectives d'une paix durable ", a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué à Bruxelles.

Benjamin Netanyahu s'est immédiatement réjoui de cette décision, qui "corrige une erreur historique", a-t-il dit. Ce choix, en rupture avec la tradition diplomatique américaine, a aussitôt été salué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et dénoncée par l'Autorité palestinienne. La Jordanie y voit carrément un changement de ligne aux dangereuses conséquences.

Pour Ofer Zalzberg, analyste à l'International Crisis group, les Palestiniens, les pays arabes et les Européens "perdent la foi" en les Etats-Unis comme "médiateur" du conflit israélo-palestinien, tandis que les colons se sentent ragaillardis.

Après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël et celle de la souveraineté de l'Etat hébreu sur le Golan syrien, il s'agit d'une nouvelle décision spectaculaire qui éloigne un peu plus l'idée de "plan de paix ultime" voulu par Donald Trump au Proche-Orient.

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