Jeudi noir à l’hôpital pour réclamer plus de moyens — Île-de-France

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Un plan "conséquent " et des "décisions fortes " seront annoncés mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe, qui en détaillera "le montant, l'ampleur, les modalités techniques et le calendrier ", a précisé le président de la République au moment où des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants défilaient en France.

Ils étaient 10000 à Paris selon les organisateurs (7500 selon la police) et plusieurs centaines dans les autres cortèges à Toulouse, Lyon, Nantes, Bordeaux, Marseille ou encore Lille.

"Nous devons (.) assumer d'investir plus fortement que nous avions envisagé de le faire", a répondu le chef de l'État, assurant avoir "entendu la colère et l'indignation" du personnel soignant. Les revendications n'ont pas changé, visibles hier sur des pancartes des manifestants.

"On fait tout le temps des heures supplémentaires, tout le monde est épuisé, il y a beaucoup d'arrêts maladie", déplore Laurence Crest, 56 ans, aide-soignante à l'hôpital de Rangueil (Toulouse). "Quand c'est Bercy qui décide, en général la bourse est très petite". Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l'hôpital Henri-Mondor (Créteil, Val-de-Marne) et membre du collectif Inter-Hôpitaux, ainsi que deux membres du collectif Inter-Urgences ont été reçus par la commission des Affaires sociales. "Maintenant nous ne sommes plus dans le mouvement des gilets jaunes, mais dans le mouvement des blouses blanches, et celui là est particulièrement dangereux pour notre pays".

Un signe avant-coureur de l'exaspération des services hospitaliers avant la grande mobilisation du 5 décembre portant aussi sur les retraites.

Elles appellent le 14 novembre 2019 à une journée nationale de grève et de manifestations!

En parallèle, les internes sont consultés depuis une dizaine de jours par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre".

Dans Le Parisien, ce sont 2 000 professionnels de la pédiatrie qui s'inquiètent. "La crise de l'hôpital public expose les enfants à être moins bien soignés, voire même à être mis en danger par l'insuffisance des moyens", estiment-ils, avant de développer: "Cette situation de crise est vécue désormais quotidiennement par les équipes comme une médecine de guerre: choisir quel enfant hospitaliser en priorité, quelle chirurgie pourtant indispensable différer pour prendre en charge une urgence vitale, transférer des enfants instables dans des réanimations à plus de 200 km de leur domicile". L'inquiétude remonte jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine".

Où les infirmiers sont-ils le mieux payé?

Agnès Buzyn a promis en réponse un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".

Jugeant insuffisants la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet et le plan de "refondation" annoncé en septembre, médecins et personnels soignants réclament "un plan d'urgence pour l'hôpital public".

L'Ondam est pour l'heure limité dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 à 2,3% de hausse pour l'ensemble des dépenses de santé, dont 2,1% pour les hôpitaux.

Le ministère de l'Economie a lui déjà fait savoir qu'une reprise, même partielle, de la dette colossale des hôpitaux publics (30 milliards d'euros) n'était "pas une option envisagée ".

"Des discussions sont en cours" sur le sujet, mais "elles nécessitent des arbitrages difficiles", a reconnu Mme Buzyn devant les sénateurs.

Et si Bruno Le Maire a reconnu qu'il fallait "répondre" à la "souffrance" des personnels, il a prévenu que "si l'on dépens (ait) de l'argent pour l'hôpital", il faudrait "trouv (er) des économies en face".

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