Des manifestations éclatent en Iran après l'augmentation du prix de l'essence

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Des Iraniens ont de nouveau manifesté samedi dans plusieurs villes du pays au lendemain de l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse du prix de l'essence et de la mort d'un civil lors d'une manifestation, selon les médias locaux.

. Mais le même officiel, cité par Associated Press, a affirmé à la télévision d'Etat que les forces de l'ordre et des manifestants avaient échangé des coups de feu.

D'après l'agence de presse iranienne Irna, d'"importantes" manifestations se sont déroulées dans la ville de Sirjan où "des gens ont attaqué un dépôt d'essence de la ville et ont essayé d'y mettre le feu". Les forces de sécurité - la police, les Gardiens de la révolution (l'armée idéologique iranienne) et des membres du Bassidj (volontaires islamistes)- ont empêché que cela se produise, a-t-il ajouté auprès d'Isna.

Le gouvernement iranien a annoncé une hausse d'au moins 50 % du prix du carburant.

Irna a également rapporté des rassemblements tenus à Chiraz (sud), Birdjan (est), Gatchsaran (sud-ouest) ou Mashad (nord-est) mais aussi à Ahwaz (sud-ouest), Khorramchahr (ouest), Bandar-é Mahchahr (ouest), Abadan (ouest) et Bandar Abbas (sud).

Le président Hassan Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était secoué depuis plusieurs jours par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité.

L'Irak a fermé le terminal de Shalamcheh, à la frontière avec l'Iran, aux voyageurs en provenance des deux pays, rapporte samedi 16 novembre l'agence de presse Reuters, citant un diplomate iranien ainsi qu'une source sécuritaire irakienne. Le litre se paiera désormais 15.000 rials (onze centimes d'euros) pour un maximum de 60 litres par mois, chaque litre supplémentaire coûtant 30.000 rials (22 centimes d'euros).

Les bénéfices de la hausse du prix de l'essence doivent être redistribués aux Iraniens qui sont " sous pression (économique) ", soit près de 75 % de la population, selon Hassan Rohani.

La mesure devrait rapporter 300 000 milliards de rials (environ 2,3 milliards d'euros) par an, a indiqué à la télévision d'Etat le responsable de la Planification et du Budget, Mohammad Bagher Nobakht.

Les montants reversés à quelque 60 millions d'Iraniens iront de 550'000 rials (environ 4,6 francs au taux du marché libre) pour les couples à 2 millions de rials (17,2 francs) pour les foyers de cinq personnes et plus. "Pas un rial n'ira au Trésor", a dit M. Rohani. La faiblesse des prix du carburant entraîne par ailleurs une forte contrebande, estimée -selon Irna- à entre 10 et 20 millions de litres par jour, écoulés principalement au Pakistan voisin où les carburants se vendent plus chers.

Selon M. Nobakht, la mesure a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique, composé du président, du président du Parlement et du chef de la justice.

L'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays des retombées économiques qu'il espérait de ce pacte.

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