L'Union européenne impose l'étiquetage "colonie israélienne"

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Pour la juridiction européenne, "le fait d'apposer, sur des denrées alimentaires, la mention selon laquelle l'État d'Israël est leur "pays d'origine", alors que ces denrées sont en réalité originaires de territoires disposant chacun d'un statut international propre et distinct de celui de cet État, tout en étant occupés par ce dernier et soumis à une juridiction limitée de celui-ci, en tant que puissance occupante au sens du droit international humanitaire, serait de nature à induire les consommateurs en erreur".

L'origine ne doit pas seulement être mentionnée mais également, le cas échéant, le fait qu'il s'agit d'une colonie, ajoute la Cour, qui a donc suivi les grandes lignes de l'avis français.

Les aliments produits dans les colonies israéliennes doivent porter la mention "colonie israélienne", ont tranché les juges de la Cour de Justice de l'UE à Luxembourg. L'Europe continue de promouvoir économiquement l'occupation en permettant le commerce avec les colonies israéliennes, qui sont illégales au regard du droit international.

En 2015, la Commission européenne avait publié une "notice interprétative" sur l'indication d'origine des marchandises en provenance des Territoires occupés par Israël depuis juin 1967, et approuvé la mise en oeuvre de l'étiquetage controversé. En interdisant les produits originaires des colonies israéliennes, l'Europe contribuerait à soutenir la différenciation entre Israël à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues et les colonies de peuplement situées dans les territoires occupés.

La décision du ministère français avait été dénoncé comme "discriminatoire" par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) au motif qu'il aurait renforcé le mouvement palestinien BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Saisi d'un recours en annulation par l'organisation juive européenne et la société de vins casher Psagot, le Conseil d'État français s'en était remis à la justice européenne.

Aux yeux de l'institution, "sans cet étiquetage, les consommateurs n'ont aucun moyen de savoir d'où viennent les produits. Une telle décision va renforcer le mouvement BDS qui va l'utiliser pour dire sa haine de l'Etat d'Israël". "Nous nous félicitons de la décision de la Cour européenne de justice et appelons tous les pays européens à mettre en œuvre cette obligation légale et politique", a déclaré le secrétaire général de l'OLP, Saëb Erekat. Il est important de noter que l'UE est le premier partenaire commercial d'Israël, avec des échanges se montant à environ 36,2 milliards d'euros en 2017, dont 14,7 milliards d'euros d'importations de l'UE en provenance d'Israël.

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