Un mort par balle sur une route bloquée — Liban

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Des manifestants à travers le pays ont bloqué plusieurs routes et artères avec des bennes à ordures et des pneus brûlés, après un entretien télévisé du président Michel Aoun et des déclarations qui ont attisé le mécontentement des contestataires.

Le Liban connaît depuis 28 jours des manifestations à l'échelle nationale contre la classe politique au pouvoir, que les manifestants considèrent comme corrompue et incapable de mettre en œuvre les mesures de réformes nécessaires pour empêcher la détérioration de la situation économique.

" Un homme a été tué par balles dans le secteur de Khaldé, au sud de la capitale", a indiqué l'Agence nationale d'information. Il s'agit du 2 mort en marge du soulèvement.

"Dans un premier temps, l'armée avait rapporté un incident à Khaldé au passage d'un véhicule militaire sur une route coupée par des manifestants, assurant qu'un soldat a été " contraint d'ouvrir le feu pour disperser " les contestataires, " blessant une personne ".

L'armée a ouvert une enquête et le militaire ayant ouvert le feu a été interpellé, d'après la même source.

Le Parti socialiste progressiste, dirigé par le chef druze Walid Jumblatt, a rapporté dans un communiqué la mort par balles d'un de ses responsables locaux.

" Où est-ce que je peux aller les chercher?" Le chef de l'État a proposé un gouvernement formé de technocrates et d'hommes politiques, affirmant qu'il était possible que les consultations parlementaires pour désigner un nouveau premier ministre commenceraient avant la fin de la semaine.

"Le discours du président est une déception, le président est supposé rassembler et non diviser", a lancé Nisrine Houjeiri, 29 ans, qui manifestait près de Baabda. "S'ils s'arrêtent, il y a encore de la place pour (nous) pour arranger les choses", a-t-il déclaré. "S'ils pensent qu'il n'y pas de gens honnêtes au sein du pouvoir, qu'ils émigrent car ils n'arriveront pas au pouvoir". A la suite des propos jugés méprisants, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays pour exprimer leur colère.

" Nous allons de nouveau bloquer les routes pour augmenter la pression et faire tomber le président", a réagi un un manifestant à Beyrouth interrogé par l'AFP, Haytham al-Darazi, 36 ans.

Il n'a pas nié que des pressions sont exercées par des parties étrangères qu'il n'a pas nommées en vue d'une exclusion du gouvernement du puissant mouvement armé Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise.

Mardi matin déjà, à Aley (centre), à Tyr (sud) à Baalbeck (est), des manifestants ont organisé des sit-in à l'extérieur ou à l'intérieur des bureaux des opérateurs publics de télécommunications.

Les employés des deux principaux opérateurs, Alfa et Touch, ont lancé une grève générale sans en préciser la durée.

Ecoles et banques sont restées fermées alors que des militants ont appelé sur les réseaux sociaux à manifester devant le Palais présidentiel, près de Beyrouth.

Depuis, les tractations pour former un gouvernement se font attendre alors que les manifestants réclament un gouvernement d'indépendants et de technocrates et disent leur exaspération face à l'absence de services publics -graves pénuries d'eau et d'électricité principalement-, au chômage et à la corruption, avec une classe dirigeante quasi inchangée depuis des décennies. "Mais ils ne peuvent pas m'imposer de me débarrasser d'un parti qui représente au moins un tiers des Libanais".

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