Carnet Noir - Raymond Poulidor est décédé à l'âge de 83 ans

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Raymond Poulidor était apparu extrêmement fatigué à l'arrivée sur les Champs-Élysées. Il acceptait la défaite avec une forme de résignation douce, il était grandi par ses échecs.

Telle a été la vie de Raymond Poulidor. Le Limousin parvint à distancer le Normand, mais insuffisamment pour endosser le maillot jaune. Alors ils m'abordent en me disant: "C'est vous, Poulidor?" Premier ou deuxième, on me réservait toujours le même accueil. "Je suis devenu une marque".

Au-delà de sa carrière sportive, qui s'acheva en 1977 après 18 saisons d'une fidélité sans pareille à Mercier, Raymond Poulidor demeura lié indéfectiblement au cyclisme le reste de son existence.

Raymond Poulidor est mort, dans la nuit de mardi à mercredi, à l'âge de 83 ans, à Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne. "Raymond Poulidor " est parti ce matin", vers 2H00, a indiqué son épouse Gisèle à l'AFP". Le sourire en coin, il racontait que lorsque Jacques Anquetil était sur le point de mourir en 1987, ce dernier lui avait dit au téléphone: "tu vas encore être deuxième".

À chaque course où il se rendait, si on lui demandait de monter sur le podium pour être présenté à la foule, l'applaudimètre montait dans les tours. Un homme dont les exploits et les tourments se sont d'abord accrochés sur les ondes radiophoniques, épinglés sur des photos en noir et blanc avant de traverser le temps sur les ailes d'une précieuse histoire partagée pour toucher les générations par ricochets.

S'il eut Anquetil comme adversaire au début de sa carrière, il dut composer avec l'émergence d'un autre rival les années suivantes, Eddy Merckx, alors que Poulidor pouvait encore espérer remporter le Tour de France. À 23 ans, Mathieu Van der Poel est déjà une des grandes vedettes du peloton, avec en particulier une victoire cette année dans la grande classique néerlandaise Amstel Gold Race.

Si Poupou était si populaire, c'est avant tout parce qu'il a écrit sa propre légende. "Poupou", quasi quadragénaire à l'époque, a notamment fini deuxième du Tour de France 1974, le 5e et dernier remporté par Merckx: "1974, c'était aussi les championnats du monde à Montréal où je l'ai battu, il était deuxième, s'est souvenu le Belge". Il raconte: " Il faut arrêter avec ce puy de Dôme. Malheureux face aux géants Anquetil et Merckx, il fut aussi malchanceux, renversé par une moto sur le Tour 1968.

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