Des milliers de manifestants contre l'islamophobie — France

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13 500 personnes se sont rassemblées dimanche en début d'après-midi à Paris pour la marche contre l'islamophobie, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurence pour un collectif de médias, dont l'Agence France-Presse (AFP).

"Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant", "stop à l'islamophobie", "vivre ensemble, c'est urgent", pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants au milieu de nombreux drapeaux français.

"On veut se faire entendre, prôner une société mixte, ne pas être écartés de la société", renchérit Asmae Eumosid, une femme voilée de 29 ans venue d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

"J'en ai marre que dans la rue on me dise 'Rentre dans ton pays'". A Marseille, une manifestation a eu lieu avec quelques centaines de personnes - familles musulmanes, mais aussi syndicalistes et militants de gauche. "Il est urgent qu'on arrête de monter les Français les uns contre les autres", ajoute la jeune femme. "On essaie de stigmatiser les musulmans, de les mettre à l'écart de la société", a assuré cette ingénieure dans l'automobile.

L'utilisation du terme "lois liberticides" dans l'appel, enfin, a été interprétée par les détracteurs de l'appel comme une remise en cause de la loi de 1905 sur la laïcité. "La France Insoumise et des cadres d'EELV sont pris la main dans le pot de confiture clientéliste et communautariste ", a dénoncé Gabriel Attal. Evoquant des "ambiguïtés", Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a estimé que la marche dressait les gens "les uns contre les autres". Mais il faut dire que les débats autour de l'Islamisme et de l'Islam tout court mais aussi les surenchères de l'extrême droite tout comme les débats de politiques et de chroniqueurs ouvertement islamophobes et qui se revendiquent en tant que tels ont contribué fortement à installer une atmosphère malsaine et pousser a une manifestation contre l'islamophobie. Dans une perspective électoraliste, Marine Le Pen, qui a fait de l'islamophobie et de l'immigration ses fonds de commerce, a déclaré avec les amalgames dont elle a le secret: "tous ceux qui ont manifesté sont la main dans la main avec les islamistes, c'est-à-dire ceux qui développent dans notre pays une idéologie totalitaire qui vise à combattre les lois de la République française".

Très vite, l'appel au rassemblement avait divisé à gauche.

Le Parti Socialiste, l'écologiste Yannick Jadot ou l'insoumis François Ruffin n'y participeront pas. Plusieurs élus de la France insoumise étaient présents dont son chef de file Jean-Luc Mélenchon.

A Toulouse, Mouss Amokrane, chanteur du groupe Zebda, s'est joint à la mobilisation d'environ 200 personnes. Etait également présent le porte-parole du Parti communiste Ian Brossat qui a estimé qu'il "y a un climat de haine contre les musulmans" face auquel "on ne peut pas rester les bras ballants".

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