Roman Polanski accusé de viol par une comédienne française

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Brigitte Macron a bien reçu deux lettres de Valentine Monnier, qui accuse le réalisateur Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait 18 ans, lettres qu'elle a transmises à deux membres du gouvernement, a indiqué samedi le cabinet de l'épouse du président.

De son côté, Roman Polanski conteste les accusations dont il fait l'objet, a affirmé son avocat Hervé Temime, cité par Le Parisien, avant de souligner qu'elles "n'ont jamais été portées à la connaissance de l'autorité judiciaire".

"Je soutiens entièrement la démarche de Valentine Monnier et je sors bouleversée de la lecture de son témoignage".

Valentine Monnier, la Française qui accuse Roman Polanski de viol, s'était adressée à Brigitte Macron en janvier 2018. "Il me frappa, me roua de coups jusqu'à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes", a lâché celle qui a été mannequin à New York et a joué dans quelques films dans les années 80, dont Trois hommes et un couffin. "Sans J'accuse, je serais restée dans mon silence, comme je le fais depuis quarante-quatre ans". "Je la crois. Sa démarche suscite d'autant plus d'admiration que son agresseur est puissant ", écrit l'actrice aux deux Césars.

"La " prise de conscience " évoquée par de nombreuses personnes depuis le témoignage d'Adèle Haenel " nous engage aujourd'hui à accueillir la parole de Valentine Monnier, à la soutenir, à prendre soin de son histoire", estime la comédienne dans un message transmis au Parisien et à Mediapart, et publié dans son intégralité sur Twitter par la journaliste de Mediapart Marine Turchi.

Une lettre de Marlène Schiappa, communiquée vendredi à l'AFP par son cabinet et datée de mars 2018, salue le courage de Mme Monnier "d'avoir osé briser un silence de 42 ans".

La ministre "compatit" à sa douleur, tout en soulignant que "les faits sont prescrits pour la justice française". Un témoignage qui intervient à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste, toujours sous le coup de poursuites de la justice américaine. D'autres femmes l'ont accusé de viol mais il n'a pas été jugé pour ces faits. Il avait, à l'époque, plaidé coupable de détournement de mineure (Samantha Geimer avait alors 13 ans) et avait été condamné à 90 jours de prison, après un accord à l'amiable avec le juge.

Si elle a décidé de parler de l'affaire que maintenant, c'est parce que le réalisateur, âgé de 86 ans et époux d'Emmanuelle Seigner, va bientôt sortir son film 'J'accuse' qui dépeint l'affaire Dreyfus. En plein festival de Cannes en 2010, l'actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé le réalisateur d'avoir "abusée (d'elle) sexuellement" à 16 ans lors d'un casting en 1983. Une seconde femme, identifiée comme "Robin", l'a accusé en août 2017 d'agression sexuelle lorsqu'elle avait 16 ans, en 1973. Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites. En septembre 2017, Renate Langer, une ex-actrice, déposait une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu'elle avait 15 ans.

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