Les Springboks accueillis en héros à l'aéroport de Johannesburg — Afrique du Sud

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Siya Kolisi, le capitaine sud-africain et les autres membres de l'équipe nationale ont présenté fièrement le trophée mondial aux milliers de personnes venus les acclamer à l'aéroport de Johannesburg. La clameur s'est faite encore plus forte lorsque le capitaine des Boks, Siyla Kolisi, est apparu à son tour, brandissant la Coupe Webb Ellis devant la foule enthousiaste.

Après Pretoria, les Springboks doivent parader jeudi après-midi à Johannesburg, puis dans le township de Soweto. "Pendant 80 minutes, le monde entier a regardé ces hommes, notre drapeau et ce dont l'Afrique du Sud est capable".

Un an après son élection, l'apparition lors de la finale 1995 du premier président noir du pays Nelson Mandela revêtu de la tunique verte de l'équipe nationale d'un rugby longtemps réservé aux Blancs avait fait souffler un vent d'espoir. L'économie stagne, le chômage frôle les 30%, la pauvreté persiste et les inégalités se creusent, au point de faire de la première puissance industrielle du continent africain, dixit la Banque mondiale, le champion planétaire des inégalités, sociales comme raciales. Une nation qui ne fait plus qu'une derrière ses 31 rugbymen.

Le chef de l'État a confirmé qu'il souhaitait faire entrer "d'ici trois ans" l'Afrique du Sud dans le top 50 des pays de la planète où le climat est le plus favorable aux affaires.

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois rendu hommage au capitaine et enfant d'un ghetto pauvre de Port-Elizabeth, Siya Kolisi, bombardé depuis la finale en héros de la "nation arc-en-ciel" rêvée par l'icône Nelson Mandela.

" Là d'où je viens, le rugby était un sport joué par les Blancs mais aujourd'hui il nous unit", a-t-il ajouté, ému, " je veux que les Blancs sachent que nous voulons faire nous aussi partie du monde du rugby et qu'ils nous laissent y jouer ".

Reste que les Springboks, qui ont décroché le 2 novembre leur troisième titre mondial depuis la création de l'épreuve, n'hésitent pas à investir quant à eux les clubs étrangers européens ou asiatiques.

Les Sud-Africains, vainqueurs de la Coupe du monde, vont prendre un bain de foule à travers leur pays. Il a fallu une politique récente et très controversée de quotas pour qu'ils soient six - pas même la moitié - à commencer la finale contre l'Angleterre.

" Il existe encore de nombreux problèmes à régler dans ce pays, comme les inégalités raciales et économiques", a concédé Rosharon Morgan au milieu des cris de joie des supporteurs".

"Aujourd'hui c'est l'euphorie, il faut maintenant réussir à la transformer en changements concrets".

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