Le gouvernement exclut une opération militaire contre les policiers mutinés — Bolivie

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"La police de Chuquisaca soutient les camarades qui se sont mutinés à Cochabamba, Chuquisaca (dont la capitale est Sucre) se mutine aussi avec le peuple bolivien", a déclaré à une chaîne de télévision locale un policier au visage dissimulé depuis les portes du commissariat.

Le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a appelé " tous les militants, les organisations sociales et les sympathisants " dans les neuf départements touchés par les mutineries à " se rendre à La Paz " ce samedi pour " défendre (...) le vote des villes et des campagnes en faveur " de M. Morales et du vice-président Alvaro Garcia Linera.

Dans une Bolivie sous haute tension, avec des mutineries d'unités policières et l'occupation de médias d'État par des manifestants, Evo Morales a lancé, ce samedi, un appel au dialogue qui a aussitôt été rejeté par l'opposition.

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Les unités de police de trois villes boliviennes se sont mutinées vendredi, refusant de réprimer des manifestations de l'opposition qui réclament la démission du président Evo Morales après sa réélection controversée.

"Soeurs et frères, notre démocratie est en danger à cause du coup d'Etat en cours que des groupes violents ont lancé contre l'ordre constitutionnel". "Nous allons être du côté du peuple, pas avec les généraux", a ajouté un de ses collègues, qui ne pouvait pas non plus être identifié. "Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l'Etat de droit", a indiqué sur Twitter le président indigène de gauche à l'issue d'une réunion d'urgence avec plusieurs ministres et le commandant en chef des forces armées, le général Williams Kaliman.

Diffusées en direct à la télévision, des images ont montré une vingtaine d'agents grimpant au sommet du bâtiment du quartier général de la police, agitant le drapeau bolivien, tandis que des dizaines de jeunes opposants les encourageaient depuis la rue. "Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c'est totalement exclu", a déclaré le ministre de la Défense Javier Zavaleta. Les manifestants ont fait exploser des pétards dans une ambiance festive et ont hissé sur un mât un drapeau bolivien (rouge, jaune et vert) chantant l'hymne national. Des manifestants ont serré la main de policiers, un contraste avec les trois nuits précédentes où les deux camps se sont affrontés.

Celui-ci a pris part à un rassemblement dans la partie sud de La Paz vendredi après-midi quand la nouvelle de la mutinerie de Cochabamba s'est répandue. La foule a applaudi debout et s'est mise à chanter: "Ami de la police, le peuple est avec toi".

"J'ai pleuré d'émotion, Grande Police", a tweeté M. Camacho peu après.

Dans la région d'Obrajes, au sud de La Paz, les gens dans les rues ont célébré les mutineries policières comme si l'équipe nationale bolivienne de football avait gagné, a observé un journaliste de l'AFP.

Evo Morales a finalement été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 20 octobre, mais ce résultat entaché de soupçons de fraude continue de susciter une profonde colère et des troubles dans le pays. Ces manifestations qui secouent le pays depuis le 20 octobre ont fait trois morts et quelque 200 blessés.

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