En France, une marche "contre l'islamophobie" sur fond de polémique

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Depuis, la polémique fait rage au sein de la gauche.

Dans le défilé, on pouvait également apercevoir Yassine Belattar, le député des Insoumis Eric Coquerel, le communiste Ian Brossat ou encore le leader de la CGT Philippe Martinez au milieu de centaines d'anonymes, dont certains arboraient des pancartes "Français et musulmans, fiers de nos deux identités", "Vivre ensemble, c'est urgent " ou "Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant ".

Autre pierre d'achoppement, la notion-même d'"islamophobie".

Une cinquantaine de personnalités ont lancée un appel à manifester après l'attaque d'une mosquée à Bayonne. Si bien que des responsables politiques signataires de cette tribune ont finalement indiqué qu'ils renonçaient à participer cette marche. Depuis, les défections s'enchaînent à gauche. Voici pourquoi cette manifestation a du mal à rassembler la gauche.

"C'est donc notre tour de manifester après un événement comme celui qui a eu lieu à Bayonne pour garantir la liberté de cule et la liberté de conscience qui va avec", a-t-il poursuivi. Cette stigmatisation se matérialise dans des actes de discrimination quotidiens: 32% des musulman.es qui vivent en France déclarent avoir subi une discrimination dans les 5 dernières années selon la dernière étude de la Dilcrah et ces chiffres atteignent 60% pour les femmes portant un foulard. Quand on voit le nombre de plateaux télévisés et radiophoniques où on parle de la question de l'islam et des musulmans sans un musulman à l'antenne, c'est quelque chose qui les dépossède de leur parole et qui les déshumanise.

De son côté, Adrien Quatennens, numéro 2 de LFI et député du Nord, a déclaré à BFM TV qu'il y serait "sûrement" allé si des "raisons personnelles" ne le retenaient ailleurs.

Juste avant le départ du cortège parisien, Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche à ne pas "confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie". A l'inverse Jean-Luc Mélanchon y participera à Paris tout comme l'un de ses lieutenants, le Toulousain Manuel Bompard. Pour lui, le terme de "lois liberticides" contre les musulmans est légitime en pensant aux "lois sur l'état d'urgence qui permettent tous les abus ou celle du Sénat contre le seul voile des parents accompagnatrices bénévoles de sorties scolaires".

C'est ainsi que nous n'avons pas signé la tribune appelant à la marche.

Aucun responsable du Parti socialiste n'a signé l'appel. Dans un communiqué publié vendredi 8 novembre, le PCF appelle à manifester pour s'"opposer massivement au racisme antimusulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse", cite BFMTV. La classe politique se déchire autour de la participation à ce rassemblement, divisant la gauche et suscitant de vives critiques de la part du Rassemblement national (RN) pour qui il s'agit d'une alliance avec les "islamistes".

Pourtant, dans toutes ces tergiversations, les grands perdants sont évidemment les personnes qui sont victimes d'exclusion. "Ce rassemblement n'est pas très cohérent", résume Nagib Azergui.

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