La justice entrouvre la porte de la prison de Lula — Brésil

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Luiz Inacio Lula da Silva a été remis en liberté au lendemain d'un arrêt de la Cour suprême qui affecte des milliers de détenus, après plus d'un an et demi d'incarcération.

L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a été autorisé à sortir de prison après un arrêt rendu la veille par la Cour suprême.

La décision du juge fédéral est intervenue après que la Cour suprême brésilienne a décidé jeudi 7 novembre qu'"un accusé ne peut être emprisonné qu'après avoir épuisé tous ses recours devant la justice".

Durant la campagne électorale, M. Bolsonaro n'avait pas caché son souhait de voir l'ex-président de gauche, sa bête noire, "pourrir en prison".

Le président de la Cour suprême, Jose Antonio Dias Toffoli, dont la voix a été décisive, a déclaré que les libérations ne seraient pas automatiques, mais décidées par les tribunaux au cas par cas.

Des rebondissements judiciaires sont aussi possibles ces prochaines semaines: Lula est mis en cause dans d'autres affaires et la Cour suprême doit rendre de nouveaux jugements le concernant. Mais cette fois, les militants du Parti des Travailleurs (PT) avaient vraiment l'espoir de pouvoir enfin revoir l'icône de la gauche en chair et en os. "("#LulaLibreDemain!" en portugais). Pendant sa campagne électorale M. Fernandez était venu rendre visite à Lula dans sa prison, suscitant l'irritation de M. Bolsonaro. Le mot-clé "LulaLivre" (Lula libre) s'est transformé en "LulaLivreAmanhã" (Lula libre demain), puis vendredi en "LulaLivreHoje" (Lula libre aujourd'hui). Comme l'ancien syndicaliste, de nombreux détenus condamnés dans le cadre de l'opération "Lava Jato" (Lavage Express), enquête tentaculaire qui a fait trembler l'ensemble de la classe politique, pourraient retrouver prochainement leur liberté.

A l'inverse, Eduardo Bolsonaro, fils du président, a déploré la décision de la plus haute juridiction brésilienne. Le mouvement Vem Pra Rua (VPR), qui avait mobilisé des millions de personnes pour obtenir la destitution de l'ex-présidente Dilma Rousseff (2010-2016), a lancé un appel à manifester samedi contre l'arrêt de la Cour.

Le quotidien précise que sa libération "ne signifie pas la fin du procès sur l'appartement de Guarujá [une station balnéaire de l'État de São Paulo], pour lequel Lula a été condamné pour corruption et blanchiment d'argent en première instance en juillet 2017".

Lula a déjà fait part de son intention de participer à de grandes tournées à travers le pays, les fameuses "caravanes" qui lui ont permis d'accroître sa popularité auprès des plus pauvres, mais aussi de voyager à l'étranger pour incarner l'opposition à Bolsonaro, s'il était libéré.

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