Deux ex-employés de Twitter accusés d'espionnage au profit de Riyad

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Parmi les comptes fouillés par ces deux anciens employés de Twitter figure celui d'Omar Abudlaziz, un dissident proche de Jamal Khashoggi, selon un rapport de la CIA, par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Ce dernier n'était pas employé chez Twitter mais d'après les autorités du pays, il aurait servi d'intermédiaire entre le gouvernement saoudien et les deux employés de Twitter dont il est question.

Pour mener à bien leurs opérations, Ali Alzabarah, Saoudien de 35 ans et Ahmad Abouammo, Américain de 41 ans ont bien profité de leur statut d'employés pour la marque à l'oiseau bleu. Pour les États-Unis cela ne fait aucun doute: les deux hommes auraient agi pour le compte du gouvernement saoudien.

Alzabarah et Almutairi se trouveraient en Arabie saoudite, tandis qu'Abouammo a été arrêté à Seattle mardi. Il aurait tenté d'obtenir des informations personnelles sur des personnes qui critiquaient l'Arabie saoudite sur Twitter.

Il a pu avoir accès à son adresse mail et son numéro de téléphone. Mercredi soir, il n'a pas répondu à une demande d'entrevue de La Presse, mais il a publié plusieurs gazouillis faisant référence aux accusations déposées en Californie. Selon l'acte d'accusation, Ahmad Abouammo a perçu 300 000 dollars (271 000 euros) du gouvernement saoudien ainsi qu'une montre d'une valeur de 20 000 dollars (18 000 euros).

Dans une déclaration à Gizmodo, un porte-parole de Twitter a déclaré: " Notre société limite l'accès aux informations confidentielles à un compte à un groupe restreint d'employés formés et contrôlés.

Ces trois hommes sont accusés d'avoir travaillé pour le pouvoir saoudien sans pour autant être enregistrés aux Etats-Unis comme agents étrangers. D'après une description de l'organisme de bienfaisance, le responsable est Bader Al Asaker, ce qui a été confirmé par une personne familière avec l'affaire qui a parlé sous le couvert de l'anonymat pour discuter d'un cas en cours.

Les chefs d'accusation reflètent également la richesse des données que les entreprises technologiques compilent sur leurs utilisateurs, notamment les adresses électroniques, les méthodes de paiement et les adresses de protocole Internet pouvant donner lieu à la localisation dun utilisateur. Twitter est l'espace public de facto de l'Arabie saoudite - l'endroit où les citoyens saoudiens viennent discuter des problèmes.

Après le piratage du compte de son patron Jack Dorsey en septembre, cette affaire est un nouvel épisode embarrassant pour Twitter.

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