Papillomavirus: le vaccin bientôt recommandé aux jeunes garçons?

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A noter: En Australie, la vaccination anti-HPV s'adresse aussi aux garçons depuis 2013.

"L'autorité sanitaire a été saisie par le ministère de la Santé pour réfléchir à cet élargissement de la vaccination, car la couverture vaccinale " reste insuffisante " (inférieure à 30 %) " au regard des objectifs fixés à 60 % par le plan cancer 2014-2019 ".

Depuis 2007, la vaccination contre les HPV est recommandée en population générale chez les filles et les jeunes femmes ainsi que chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Elles sont responsables de 90% des cancers du col de l'utérus, mais aussi de 80% des cancers de l'anus car les localisations et les atteintes provoquées par ce papillomavirus évoluent avec les pratiques sexuelles. Car les HPV sont également impliqués dans la survenue de cancers qui ne touchent pas uniquement les femmes ou les hommes homosexuels, comme les cancers de la sphère ORL (bouche et gorge notamment). Le seul cancer du col de l'utérus tue encore 1 100 femmes chaque année en France et 2 900 nouveaux cas sont diagnostiqués.

Actuellement, la vaccination contre les HPV est seulement recommandée pour les jeunes filles (11 à 14 ans, avec un rattrapage vaccinal possible entre 15 et 19 ans révolus), et pour les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), pour prévenir l'apparition de cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin et des cancers anaux. Ce qui complique la tâche des professionnels de santé. Nécessaire mais pas suffisant Ainsi, même si elle était élargie aux garçons, la vaccination contre le HPV ne pourra progresser dans notre pays que grâce à une reconquête de la confiance.

Enfin, la recommandation actuelle de proposer la vaccination aux jeunes garçons pouvant avoir des relations sexuelles avec d'autres garçons est très délicate à appliquer, en raison de la difficulté pour les praticiens d'aborder le sujet (d'autant plus en présence des parents) et pour les adolescents de se confier sur le sujet en cette période de découverte de sa sexualité. Résultat, les cancers du col de l'utérus ne recule pas assez.

Cependant, la Haute Autorité de santé souligne qu'élargir la vaccination contre les HPV aux garçons n'est pas une mesure suffisants pour améliorer systématiquement la couverture vaccinale chez les filles. Elle pose aussi des questions d'égalité d'accès à la vaccination vis-à-vis des hommes hétérosexuels, qui peuvent aussi être infectés par les HPV. Avant cependant que ces recommandations soient entérinées, elle ouvre une consultation publique jusqu'au 27 novembre à laquelle sont invités à participer "tous les acteurs concernés par la politique vaccinales tels que les associations de patients et d'usagers du système de santé, les collèges nationaux professionnels, les sociétés savantes, les instituts publiques, les industries ect ". Les commentaires proposés par tout citoyen et formulés directement en ligne feront l'objet ensuite d'une analyse pour validation finale de la recommandation par la Haute Autorité de santé.

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