Le couple Balkany de retour devant les tribunaux — Corruption

Share

Tout juste un mois après sa condamnation pour fraude fiscale, (pour laquelle il a écopé de quatre années d'emprisonnement et dix ans d'inéligibilité), l'ancien maire de Levallois-Perret comparait devant le tribunal correctionnel de Paris aujourd'hui pour des faits de blanchiment de fraude fiscale et surtout de corruption. Elle avait alors fait appel - comme son mari - et repris dans la foulée la mairie de Levallois pour assurer l'intérim.

La justice a également confisqué leurs biens immobiliers.

Six mois avec sursis ont été infligés à Alexandre Balkany, le fils du couple Balkany, qui "a agi par solidarité filiale" en souscrivant des baux de location fictifs pour le riad. Concernant Isabelle Balkany, le parquet a préconisé quatre ans de prison avec sursis et 500 000 euros d'amende. Il ne sera donc pas présent au délibéré du tribunal correctionnel de Paris à 13h30. C'est aussi une époque nouvelle où les manquements à la probité des délinquants en col blanc sont sanctionnés avec une sévérité inédite.

Son époux Patrick Balkany a lui été condamné à 5 ans de prison ferme pour blanchiment, assortis d'un mandat de dépôt, mais a été relaxé s'agissant de la corruption. Il attend désormais l'examen prévu mardi de sa demande de mise en liberté. Elle a aussi interjeté appel. Il a en effet refusé d'être extrait de sa cellule de la Santé pour des questions de "santé", par "respect de son image", et car le "jugement est joué d'avance", a expliqué l'un de ses avocats.

Le couple a été reconnu coupable d'avoir caché 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux villas, l'une à Saint-Martin, l'autre à Marrakech.

Au fil des audiences, les Balkany avaient concédé quelques "fautes". Pendant l'instruction, Isabelle Balkany avait admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise en 1997 via une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse. Le couple a en revanche toujours nié détenir le riad. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany. L'épouse de Patrick Balkany a expliqué la raison qui l'a poussée à mettre fin à ses jours.

Patrick Balkany était soupçonné de s'être fait offrir la villa marocaine par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour un juteux projet immobilier qui n'avait pas abouti.

Ce vendredi, le couple Balkany devrait se présenter à la barre.

Pour la défense, rien ne tient dans ce dossier.

Patrick Balkany est en revanche relaxé sur tous les délits liés à la corruption et à la prise illégale d'intérêt.

Share