L'incroyable lettre de Trump à Erdogan dévoilée

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En visite à Ankara, le vice-président américain Mike Pence a annoncé jeudi que les États-Unis et la Turquie s'étaient entendus pour que cette dernière suspende son offensive dans le nord de la Syrie pendant 120 heures afin de permettre aux forces kurdes de se retirer du secteur.

L'objectif affiché de l'opération est la création d'une " zone de sécurité " de 32 km de profondeur le long de sa frontière, qui permettrait de séparer celle-ci des zones YPG et de rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.

Le 9 octobre, les forces turques avaient commencé à bombarder les villes du nord contrôlées par les Kurdes, alors même que les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) avaient activement participé à la lutte contre les djihadistes de l'organisation de l'Etat islamique aux côtés de la coalition internationale. "Nous pourrons arrêter l'opération seulement lorsque (les forces kurdes) se seront retirées complètement de la région", a-t-il ajouté.

Vivement critiqué à Washington pour avoir semblé donner son feu vert à l'opération turque, le président américain a depuis exhorté Ankara à stopper son offensive et autorisé des sanctions contre la Turquie. "Un cessez-le-feu se conclut entre deux parties légitimes", a-t-il dit.

" Notre mission est de voir si nous pouvons obtenir un cessez-le-feu, voir si nous pouvons négocier", a affirmé M. Pompeo à la presse avant de monter à bord de son avion.

"M. Erdogan, qui avait dénoncé mardi le " sale marché " conclu entre les forces kurdes et le régime de Bachar al-Assad, a déclaré mercredi que peu lui importait " qui des Russes ou du régime " fasse " sortir les YPG de Minbej ". "Les Kurdes sont incroyablement heureux de cette solution", a-t-il ajouté, se disant particulièrement satisfait que les négociations aient abouti "aussi vite".

L'offensive turque a fait près de 500 morts, dont une centaine de civils, et provoqué le déplacement de 300.000 personnes depuis son lancement le 9 octobre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'opération militaire de la Turquie sera entièrement interrompue après le retrait des Kurdes, a affirmé M. Pence. Les autorités kurdes ont réclamé un " couloir humanitaire " pour évacuer civils et blessés de la ville de Ras el-Aïn. Le président turc doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine le 22 octobre.

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