Washington accentue la pression sur Pékin — Ouïghours

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" Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas tolérer et ne toléreront pas la suppression brutale des minorités ethniques à travers la Chine ", a justifié, cité dans ce communiqué, Wilbur Ross, secrétaire américain au Commerce. Parallèlement, ils ont saisi l'occasion de calomnier et de diffamer les politiques de gouvernance de la Chine dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, et se sont ingérés gravement dans les affaires intérieures de la Chine, a déclaré le porte-parole.

Les autres entités sont des groupes gouvernementaux, dont le bureau de la sécurité publique dans le Xinjiang, où sont situés des " centres professionnels " ou " camps de rééducation " de chinois d'origine ouïghoure.

"En étant placées sur liste noire, ces entreprises ne pourront plus importer de produits depuis les Etats-Unis, sauf obtention d'une licence spéciale".

Cette décision américaine intervient à quelques jours de la reprise des négociations entre Pékin et Washington en vue de parvenir à un accord commercial global pour mettre fin à l'impasse de la guerre des tarifs douaniers que se livrent depuis plus d'un an les deux premières puissances mondiales.

Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" destinés à enseigner des connaissances et à lutter contre la radicalisation islamiste.

" Ces entités ont toutes été impliquées dans la mise en place de la campagne chinoise de répression, de détention arbitraire de masse et de surveillance de haute technologie ", a précisé le communiqué américain.

Hikvision, numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance, avec 34'000 employés, a profité à plein de l'omniprésence des caméras de surveillance en Chine, notamment au Xinjiang.

Hikvision a critiqué une décision américaine "sans base factuelle", demandant "au gouvernement américain un réexamen" de sa décision "basé sur les principes d'équité, de justice et de non-discrimination". Dans un article publié en avril, le New York Times affirmait que Pékin utilisait des caméras de reconnaissance faciale à des fins de "profilage racial", pour surveiller les Ouïghours.

Megvii, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba, a aussi estimé dans un communiqué que la mesure américaine dénotait "une incompréhension" de cette entreprise, qui vante l'"incidence positive sur la société" de sa technologie.

Le département du Commerce a ajouté 28 noms à une liste noire de sociétés et d'organismes publics chinois auxquels la vente de composants américains est interdite sans autorisation officielle. Quant à SenseTime, elle s'est dite "profondément déçue" et va "travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation".

Le groupe est menacé de perdre son accès à Android, le système d'exploitation américain qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde.

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