Sida, paludisme, tuberculose: la France donne trois heures pour trouver 14 milliards

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Le locataire du palais d'Etoudi de Yaoundé est attendu dans l'Hexagone pour participer à 6ème conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

"Tout à l'heure, nous les aurons", a assuré le chef de l'État en sonnant la mobilisation générale des contributeurs avant la clôture de la conférence jeudi.

L'atteinte de l'objectif final dépendra donc des montants engagés par le secteur privé et par la France, un des fondateurs du Fonds et deuxième donateur historique, mais qui n'a pas augmenté sa contribution depuis 2010, à 1,08 milliard d'euros. "Mais avec une hausse de 15%, il fait le minimum syndical. Je ne laisserai personne quitter cette pièce tant que les 14 milliards de dollars ne seront pas obtenus". L'objectif a d'éradiquer les trois maladies, qui tuent près de 3 millions de personnes chaque année, d'ici 2030. Il manquait à la mi-journée environ 300 millions de dollars pour tenir l'objectif, a-t-on souligné de source proche des organisateurs.

"Mais pour atteindre la cible des 14 milliards et que la France retrouve sa place de leader européen, il faudrait une hausse de 45%", estime Enzo Poultreniez, responsable chez Aides, évoquant le "mauvais calcul" de ceux qui "rechignent à investir". " Plus personne ne peut comprendre que pour des raisons financières (...) il soit aujourd'hui impossible d'accéder à des traitements pour prévenir ou guérir de telles maladies", a-t-il ajouté.

Depuis la création du Fonds, "un travail extraordinaire a été fait" avec "32 millions de vies de sauvées", ce qui "est énorme", avait souligné mercredi soir le chef de l'État devant les participants à un dîner officiel à l'Hôtel de Ville de Lyon. Mais "nous n'avons pas le droit de ne pas avancer plus", au risque de voir les trois grandes pandémies repartir à la hausse, a fait valoir M. Macron, face à sept présidents africains, des diplomates et des scientifiques.

"Notre vie a de la valeur, vous ne devez jamais l'oublier", a lancé jeudi à la tribune Amanda Dushime, 18 ans, une Burundaise née avec le VIH. La contribution actuelle de la France s'élève à 1,08 milliard de dollars en trois ans.

Le Fonds est aussi financée par des donateurs privés. M. Macron a salué la contribution du milliardaire américain Bill Gates, le premier d'entre eux qui a relevé de 600 à 700 millions de dollars l'apport de sa fondation pour les trois prochaines années, ainsi que l'engagement du chanteur Bono. Pour la lutte contre le VIH, l'accès à une offre de prévention, de dépistage et de soin, comme le soulignait le Conseil national du sida dans une note valant avis du 18 avril, juste avant la tenue à Paris d'un G7 santé, demeure restreint: "En Afrique de l'Ouest et du Centre, qui comptait en 2017 un cinquième des nouvelles infections par le VIH, 48 % seulement des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique". Tous deux sont présents à Lyon.

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