Pour François Fillon, Emmanuel Macron est "un petit joueur"

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Il dénonce également la gestion du dossier par Emmanuel Macron, lui reprochant notamment d'avoir fait des concessions au mouvement.

Dans un entretien à un média suisse, François Fillon s'est exprimé sur le mandat d'Emmanuel Macron.

Concernant l'action d'Emmanuel Macron et sa mise en difficulté par la crise des Gilets jaunes, François Fillon s'est montré mordant, s'étonnant de l'impact de cette mobilisation sur la présidence: "Si on réfléchit bien, c'est pas grand-chose, cette affaire de Gilets jaunes". Dans une vidéo diffusée ce jeudi, François Fillon est questionné sur la situation de la France et notamment sur le volet social.

Et d'ironiser sur sa propre expérience des manifestations de rue lorsqu'il était en fonction (en 2010 pendant la réforme des retraites): "Je vais être un peu prétentieux mais quand j'ai fait la réforme des retraites, j'ai mis 2 millions et demi de personnes dans la rue". " Macron c'est un petit joueur à côté", s'amuse l'ancien Premier ministre. "Il y a eu au maximum des manifestations 150 000 à 180 000 personnes dans toute la France" - un chiffre en deçà des 287 710 décomptés par le ministère de l'Intérieur lors de la première mobilisation des Gilets jaunes, le samedi 17 novembre.

Mais "si cette crise a déstabilisé aussi profondément un gouvernement légitime venant d'être mis en place, ce n'est pas bon signe", a ajouté l'ancien favori de la présidentielle de 2017, finalement éliminé au premier tour après des révélations sur des détournements de fonds publics présumés. Et d'en rajouter une couche, estimant que le président a manqué de sang-froid: "Il a reculé parce qu'il y a cette puissance du système médiatique et des réseaux sociaux qui fait croire que le pays est à feu et à sang". Le natif du Mans en profite également pour égratigner sa famille politique, regrettant que "depuis 20 ans, des batailles uniquement personnelles et d'ego et pas des débats idéologiques aient animé la droite française", dont il estime qu'elle s'est "suicidée". "Mais il était intéressant de voir aux obsèques de Chirac ces gens qui s'étaient battu les uns contre les autres". "J'ai choisi une autre vie qui me satisfait pleinement". François Fillon a assuré que "non", un retour en politique n'était pour lui pas imaginable.

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