La Turquie se dit prête à attaquer, Trump semble laisser faire — Syrie

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Précisant avoir été informé des opérations en cours, il a dit avoir demandé à la Turquie de "veiller à ce que toute action qu'elle pourrait entreprendre dans le nord de la Syrie soit proportionnée et mesurée". La veille, le directeur de la communication du président turc Recep Tayyip Erdogan, Fahrettin Altun, annonçait dans le Washington Post que des soldats turcs allaient " franchir la frontière syro-turque sous peu ".

Il y a eu des " bombardements intensifs des avions turcs sur des positions militaires et des villages de civils " à Tall Abyad, Ras Al-Aïn, Qamichli ou encore Ain Issa, ont annoncé les Forces démocratiques syriennes (FDS) sur Twitter.

Ces derniers jours, le président Donald Trump a ravivé sa menace émise dès décembre 2018 de retirer le millier de forces spéciales américaines déployées dans le nord-est de la Syrie.

La Turquie a mis en place des renforts de son côté de la frontière en vue d'un assaut, affirme Associated Press.

Selon des correspondants de l'AFP, un convoi de dizaines de véhicules est arrivé mardi soir dans la ville turc d'Akçakale, frontalière de la Syrie.

Accusé par la frange néoconservatrice de son camp de lâcher des alliés des Etats-Unis, Donald Trump a assuré qu'il "anéantirait complètement l'économie de la Turquie" si celle-ci "dépassait les bornes", sans davantage de précisions concrètes.

Les Kurdes de la région "sont très inquiets" après l'annonce américaine d'un retrait des troupes, et "ils craignent que cela mette le feu à toute la région". Le Congrès américain va faire payer "très cher" au président turc Recep Tayyip Erdogan l'offensive contre des forces kurdes alliées de Washington, a quant à lui prévenu l'influent sénateur républicain Lindsey Graham, d'ordinaire un proche soutien du président.

Ankara voudrait créer une "zone de sécurité", sorte de tampon de 30 km de profondeur s'étirant de l'Euphrate à la frontière irakienne, soit 480 km. " C'est l'idée la plus folle que j'aie jamais entendue ", a affirmé un haut responsable américain au sujet de ce projet turc d'y installer des millions des réfugiés.

Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé M. Erdogan à "bien réfléchir".

Si les pays occidentaux sont reconnaissants envers les YPG pour leur rôle de premier plan dans la défaite militaire du groupe État islamique (EI) en Syrie, Ankara les considère comme desterroristes en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une guérilla en Turquie.

La communauté internationale voit d'un très mauvais oeil l'initiative militaire décidée par Ankara.

En cas d'invasion turque, les FDS ont annoncé qu'elles tiendraient l'Organisation des Nations Unis, les États-Unis, l'Union européenne et la Russie pour responsables d'une " catastrophe humanitaire " dans le nord de la Syrie.

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