Il n'y aura pas d'accord à temps, mais chut — Brexit

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Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone pendant environ 40 minutes.

Plus tôt mardi, l'UE a accusé la Grande-Bretagne de jouer un "jeu de blâme stupide" sur le Brexit après qu'une source de Downing Street a déclaré qu'un accord était essentiellement impossible car la chancelière allemande Angela Merkel avait formulé des demandes inacceptables.

Alors que la perspective d'un accord sur le Brexit semble s'éloigner, la stratégie de Boris Johnson peine à convaincre, y compris dans son propre camp.

L'enjeu de la question irlandaise est d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlandes et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences.

Depuis le début de la semaine, les négociations ont lieu sur la base d'un projet présenté la semaine dernière par Boris Johnson pour tenter de régler la question de la frontière irlandaise et rejeté en l'état par les Européens. Qui en a profité pour mettre en avant la "dernière opportunité de parvenir à un accord".

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré que "la négociation devait se poursuivre rapidement dans les prochains jours avec l'équipe de Michel Barnier [le négociateur en chef du Brexit pour l'UE], afin d'évaluer en fin de semaine prochaine si un accord est possible", selon l'Elysée.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a beau se montrer "confiant" en la capacité du Royaume-Uni à traverser un Brexit sans accord sans encombres, son gouvernement a dû répondre mardi aux inquiétudes du Parlement sur les stocks de papier toilette.

Le plan de Johnson propose la sortie de l'Irlande du Nord de l'Union douanière européenne, à l'instar du reste du Royaume Uni, mais concède que les lois européennes continueront à s'appliquer en matière de circulation de biens, notamment agroalimentaires, avec la création d'une "zone de régulation" en Irlande du Nord, à condition que le parlement et l'exécutif irlandais y consentent. Ces problèmes sont le retour de contrôles douaniers entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, et le droit de veto que Londres souhaite accorder au parlement nord-irlandais.

Une source gouvernementale britannique interrogée par Reuters a confirmé que les Européens ne négociaient pas "avec sérieux".

Mais selon une source européenne, "rien n'a bougé".

Arrivé au poste de Premier ministre fin juillet, Boris Johnson s'est engagé à sortir le Royaume-Uni de l'UE à tout prix le 31 octobre, malgré une loi le contraignant à demander un report si aucun accord n'est trouvé d'ici au 19 octobre, juste après ce sommet européen présenté comme celui de la dernière chance.

L'objectif est d'arriver à un compromis avant le sommet européen des 17 et 18 octobre.

Le gouvernement britannique a également assuré être "préparé" à un Brexit sans accord.

Mais le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS) en a dressé un scénario noir, avec un plongeon de l'activité économique et une chute des recettes fiscales, et par ricochet une explosion du déficit public du Royaume-Uni.

Selon une source de Downing Street citée par le magazine The Spectator, M. Johnson table sur un échec des négociations avec l'UE et fera "toutes sortes de choses" pour éviter un report.

Si finalement la sortie était repoussée une troisième fois le temps d'organiser des élections, Boris Johnson ferait campagne pour un "no deal" en cas de législatives anticipées, a prévenu cette source.

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