Procès de Jean-Luc Mélenchon : de quoi est-il accusé ?

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Un an après la perquisition mouvementée du siège de la France insoumise, dans le 10e arrondissement de Paris, son leader Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône, ainsi que les députés Bastien Lachaud et Alexis Corbière, l'eurodéputé Manuel Bompard, le conseiller d'État Bernard Pignerol et de leur attachée de presse Muriel Rozenfeld sont jugés jeudi et vendredi au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), pour "actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation".

Au juge qui lui demandait s'il acceptait de comparaître, Jean-Luc Mélenchon a répondu: "Je crois pas que j'aie le choix, mais oui". Comme à maintes reprises, tous dénoncent un "procès politique", dans lequel ils voient une "instrumentalisation" de la justice. " "Pour abattre Cristina Kirchner (ancienne présidente argentine, mise en cause dans une affaire de corruption), le système tente la même méthode qui a conduit Lula en prison, Correa à l'exil, et nous en procès à Bobigny ", déclarait le patron des Insoumis sur son blog le 31 août dernier". Premier Insoumis à s'exprimer à la barre, Jean-Luc Mélenchon était en verve.

La ligne de défense adoptée par l'insoumis est frontale: c'est un procès politique. En mars 2017, François Fillon, au lendemain. "Allez droit au but, soyez offensif!" "Qu'est-ce que je fais ici?"

Jean-Luc Mélenchon s'est pour sa part félicité le 12 septembre que des images complémentaires (40 minutes de vidéo) la perquisition aient été diffusées par l'émission Quotidien presqu'un an après les premières vidéos qui le montraient, lui et ses partisans, dans une disposition plus véhémente. La séance a été suspendue, à la suite d'une nouvelle rixe verbale entre les Insoumis et l'avocat des policiers, Me Dupond-Moretti, qui a affirmé "moi aussi, je peux parler fort" en pointant du doigt certains des prévenus.

Depuis plusieurs jours, le chef de file du parti déroule son plan de communication dans la presse. "Nous ferons entendre des arguments (.) qui feront comprendre que depuis le début cette affaire est politique".

Il est reproché aux six prévenus de s'être opposés le 16 novembre 2018, parfois avec véhémence, à une série de perquisitions, qui ont de facto viré à la cohue, contraignant les magistrats à écourter les opérations. Le tribunal a refusé de renvoyer le procès.

Des policiers et magistrats figurent parmi les parties civiles à ce procès qui se tiendra dans la salle, plus grande, des assises en raison de l'intérêt suscité par ce procès et de l'appel de LFI à s'y rendre en nombre.

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