L'abbaye accueillait un "essai clinique sauvage" sur Parkinson et Alzheimer

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Un "essai clinique sauvage " d'une ampleur rare, mené en partie à l'abbaye Sainte-Croix, a été interdit jeudi par l'Agence du médicament.

Des molécules aux effets inconnus ont été testées sur au moins 350 malades de Parkinson ou Alzheimer, en partie dans une abbaye et hors de tout cadre légal. L'événement a de quoi surprendre.

Un essai clinique "sauvage" mené "illégalement" sur au moins 350 malades de Parkinson ou d'Alzheimer. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé le 19 septembre son interdiction.

Plus ancienne communauté monastique féminine de France, fondée vers 552 à Poitiers par sainte Radegonde, reine des Francs, et transférée en 1965 à Saint-Benoît, à sept kilomètres au sud de la préfecture de la Vienne, l'abbaye Sainte-Croix abrite aujourd'hui 9 moniales bénédictines.

Selon soeur Martina, soeur hôtelière du monastère, " l'abbaye dispose d'une quinzaine de chambres et cela fait une année à peu près " qu'elles servent pour héberger des patients de cet essai clinique. Et d'effectuer une prise de sang le lendemain de la mise en place du fameux patch après une nuit passée dans une abbaye près de Poitiers.

Soeur Martina assure qu'il n'y a pas eu de perquisition à l'abbaye. L'ANSM a d'ailleurs découvert cet essai illégal grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire où ces prises de sang étaient envoyées pour analyse. La découverte de ce dernier produit est revendiquée par le professeur Jean-Bernard Fourtillan.

Avec le professeur Henri Joyeux, tristement célèbre pour ses prises de position anti-vaccins, il a monté un fonds de dotation, à but non lucratif, le Fonds Josefa, "pour faire connaître au grand public, en même temps qu'aux professionnels de la santé et aux chercheurs, cette découverte essentielle et les médicaments (patchs transdermiques), en cours de préparation, qui en découlent", décrivent-ils sur le site internet du fonds. "Donc, je ne vois pas ce qu'on vient nous sortir avec cette abbaye!"

"Selon Bernard Celli, directeur de l'inspection à l'ANSM, découvrir un tel " essai clinique sauvage " est " très rare, a fortiori quand il est de cette ampleur ". Selon lui, mener un essai clinique sans autorisation est passible de 15.000 euros d'amende et d'un an de prison, sans compter les éventuelles peines du code pénal. "La confiance de ces patients a été abusée", estime Bernard Celli. Elle rappelle également que "la loi est très claire sur les essais cliniques en France, elle est remarquablement encadrée". Mais ce sont des garde-fous.

D'après leur site internet, le Fonds Josefa est basé 3, boulevard de Verdun à Poitiers. Derrière cet essai de médicaments illégal, une association et une société, toutes deux dirigées par le Professeur Jean-Bernard Fourtillan. Ce fonds doit son nom à une religieuse catholique espagnole, soeur Josefa Menéndez, morte en 1923 à Poitiers.

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