"Ad Astra", infiniment Gray

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Serait-ce les craintes de Fox, à mi-chemin de son acquisition par Disney, qui ne veut plus faire entièrement confiance à Plan B, ni même croire au vedettariat pourtant suffisant de Brad Pitt en tête d'affiche?

SCIENCE-FICTION | Le réalisateur de Little Odessa se frotte à la science-fiction et signe une odyssée spatiale ne rencontrant pas toujours ses ambitions métaphysiques.

Ad Astra, dont l'action se déroule vers 2120, débute comme un film catastrophe: la Terre reçoit des décharges nucléaires (des "surcharges") venant de Neptune, qui risquent de l'annihiler. Il aurait été étonnant qu'il ne conçoive qu'un " simple " film de science fiction, laquelle lui permet de s'interroger entre autres, sur la filiation, les travers de l'âme humaine et la solitude de l'homme. Oui, bien sûr, on y retrouve tout du long un Brad Pitt déchirant dans l'une de ses performances les plus vulnérables et contenues de son imposante carrière, mais aussi une dynamique qui se rapproche davantage du pas de deux artistique qu'on attendait et espérait du long-métrage. Rebelote au cœur tempéré du mois de septembre, mais changement radical de registre puisque dans Ad Astra, notre ami Brad endosse le costume de cosmonaute et s'agite dans un futur indéterminé. Pour tenter de sauver ses contemporains, le héros ténébreux devra se rendre sur Neptune, via la Lune puis Mars, et retrouver la trace d'un autre astronaute de renom qui, de toute évidence, a pété les plombs et constitue une menace pour l'univers.

Et que dire de ces voyages spatiaux qui semblent se faire sans se soucier de la moindre cohérence de temps. Sans soucis, Brad Pitt connait le fonctionnement de toutes les navettes et véhicules dans lequel il prend place, démonte des panneaux et s'incruste dans des fusées en plein décollage comme Tom Cruise n'a pas encore oser le faire dans Mission Impossible. Dans Ad Astra, James Gray, aux antipodes des surenchères qui saturent tant de blockbusters bas de plafond, concocte un film halluciné et hallucinant qui fait penser à la fois aux monuments du genre (en premier lieu: 2001, l'odyssée de l'espace, de Kubrick) et aux œuvres complètes de Sigmund Freud. Il y a aussi Liv Tyler dans le rôle de l'épouse de Brad Pitt qui a fini par le quitter et que l'on verra donc que dans de brefs flash-backs quasi muets.

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