Royaume-Uni : pas d'élections anticipées en vue

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Au cœur des atermoiements sur le Brexit, la question de la frontière irlandaise n'a pas fait l'objet de propositions "réalistes" de la part de Londres, selon le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Les députés britanniques ont infligé mardi une nouvelle défaite cuisante au Premier ministre Boris Johnson en refusant encore une fois de déclencher des législatives anticipées, avant que le Parlement ne soit suspendu jusqu'au 14 octobre, deux semaines seulement avant la date prévue pour le Brexit. Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière de maintenir ouverte la frontière en Irlande après le Brexit.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson "est dans le populisme" et le "déni de démocratie" quand il décide de suspendre le Parlement britannique en pleine phase finale du Brexit, a déploré ce vendredi l'eurodéputée LREM Nathalie Loiseau.

Les politiciens britanniques favorables à un Brexit rapide n'apprécient pas l'idée que le Royaume-Uni doive se conformer aux règles de l'UE après le Brexit et pourraient être contraints de trop compter sur la bonne volonté de l'Europe pour permettre l'introduction de nouvelles dispositions qui rendraient automatiquement le soutien inutile.

"La proposition de loi sur le retrait de l'UE a reçu l'assentiment royal", écrit la Chambre sur Twitter.

Cette clause prévoit que le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE si une meilleure solution n'est pas trouvée à l'issue d'une période transitoire. S'ils répètent à l'envi qu'ils obtiendront un accord pour sortir de l'Union européenne au 31 octobre, ils entretiennent en revanche le flou en cas d'échec des négociations avec Bruxelles [The Times].

L'objectif pour l'opposition est donc de prouver que le gouvernement mise plus sur le no deal que sur un accord avec l'Union européenne.

Boris Johnson a réuni son conseil des ministres dans la matinée pour décider de la marche à suivre après une semaine éprouvante au Parlement, où il a essuyé camouflet sur camouflet et perdu la majorité absolue à la suite de défections et d'expulsions de députés rebelles de son Parti conservateur.

Il risque fort de faire chou blanc. C'est le souhait de l'opposition travailliste emmenée par Jeremy Corbyn. Ce texte oblige le Premier ministre à demander ce report à l'Union européenne (UE), s'il n'obtient pas d'accord de sortie d'ici au 19 octobre, juste après un sommet européen.

L'opposition craint que Boris Johnson ignore la loi anti "no deal", qui n'attend que l'approbation de la reine pour entrer en vigueur, et que l'affaire se termine devant les tribunaux.

"S'il n'y a pas d'accord d'ici le 18, nous saboterons le report", a déclaré une source au 10 Downing Street au Sunday Times, tandis qu'une autre source a déclaré au journal que Boris Johnson était prêt à s'attaquer "à la tronçonneuse" à tout obstacle sur son chemin.

Amber Rudd, 56 ans, quitte à la fois le gouvernement, dont elle était un poids lourd, et le Parti conservateur, critiquant très vertement la stratégie du Premier ministre dans une lettre postée sur Twitter.

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