Nissan : Qui est Hiroto Saikawa, le patron sur le point de démissionner ?

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L'action du constructeur d'automobiles japonais Nissan bondissait de 4% en début de journée mardi au lendemain de l'annonce de démission du directeur général du groupe, Hiroto Saikawa, rattrapé par un scandale de rétributions indues.

C'est dans ce contexte qu'un audit interne à Nissan a révélé qu'en 2013, le patron japonais de 65 ans s'était arrangé pour que ses " share appreciation rights", une prime correspondant à une plus-value liée à la hausse de l'action Nissan sur une période définie, soient gonflées de 47 millions de yens (400.000 euros au cours actuel). "Puis, après l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre dernier, Hiroto Saikawa n'a pas de mots assez durs pour dénoncer le " côté obscur " de son ex-mentor, disant ressentir " une profonde déception, de la frustration, du désespoir, de l'indignation et du ressentiment ". Il se maintenait à son poste plus par défaut de successeur que par soutien affirmé des administrateurs.

M. Saikawa, qui avait déjà reconnu les faits la semaine dernière, a fait une apparition surprise à la fin de la conférence de presse de lundi.

Son bref mandat a cependant été marqué par des tensions avec Renault, principal actionnaire et partenaire d'alliance de Nissan, et par une chute des bénéfices du constructeur japonais.

Il faut dire que l'ancien numéro 2 de Nissan, bras droit et successeur de Carlos Ghosn n'arrive pas à se dépêtrer de la situation compliquée de Nissan.

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, le 9 septembre 2019, à Tokyo au Japon. "De l'indignation et du ressentiment", avait encore lancé M. Saikawa en novembre dernier.

M. Saikawa a aussi siégé au conseil d'administration de Renault entre 2006 et 2016.

Mais le directeur de Nissan paie surtout les mauvais résultats du constructeur automobile.

Mais, à partir de mi-2017, quand M. Ghosn a pris du champ, cédant les commandes exécutives du groupe à son poulain, le bon élève a progressivement changé d'opinion sur son mentor. Espérons pour Nissan qu'ils ont déjà une short-list de potentiels successeurs pour rapidement tourner la page de l'ère Saikawa, marquée du sceau de Ghosn. Pourtant, Saikawa avait réussi à rester à la barre de Nissan, et même à ferrailler avec la direction de Renault.

M. Kimura a déclaré que le revenu que M. Saikawa a reçu a été confirmé comme étant " non illégal ".

Mais pour l'avocat Nobuo Gohara, qui analyse depuis le départ l'affaire Ghosn et juge " difficile de faire confiance à M. Saikawa", il serait inique qu'il s'en tire par un simple remboursement des sommes perçues et quelques excuses, quand M. Ghosn risque des années de prison, un avis partagé par les défenseurs du patriarche déchu.

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