Donald Trump met fin aux négociations avec les talibans — Conflit en Afghanistan

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Le compte Twitter de Donald Trump recèle d'archives qui sont parfois ressorties.

Les talibans ont averti mardi que si les Etats-Unis abandonnent les discussions sur un retrait de leurs troupes d'Afghanistan, comme l'a décidé le président américain Donald Trump, ils le "regretteront bientôt".

Les raisons de la colère tiennent d'abord au calendrier.

Les Etats-Unis ont "frappé" leurs "ennemis" en Afghanistan ces quatre derniers jours comme jamais depuis dix ans, a assuré ce lundi 9 septembre Donald Trump après avoir rompu les négociations avec les talibans. "Une manière diplomatique d'exprimer le choc et l'horreur", commente ainsi le Guardian. Mais l'idée de cette réunion à Camp David est critiquée par les démocrates et certains républicains. "Pourquoi l'annuler en raison d'une attaque meurtrière à Kaboul jeudi alors que les talibans ont récemment multiplié les attentats?" ", souligne Laurel Miller, directrice du programme Asie à l'International Crisis Group, citée par l'AFP".

Cette réunion devait permettre de négocier un accord pour mettre fin à une guerre entamée peu après les attentats du 11 septembre 2001.

Les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan et ont renversé le gouvernement taliban, la même année, accusant les islamistes afghans d'avoir aidé Al-Qaïda à planifier les attaques à l'origine de la mort de milliers de personnes sur le territoire américain. Un attentat de trop selon le président américain. Sept ans plus tard, il les a invités à Camp David.

"Une possible explication, selon l'analyste du cercle de réflexion Wilson Center Michael Kugelman, est que Donald Trump " avait besoin d'un prétexte pour se retirer d'un accord qui n'allait pas fonctionner ".

Le gouvernement afghan, de son côté, a salué les "efforts sincères" de Washington après la rupture des négociations avec les talibans, dont Kaboul était, de toute façon, tenu à l'écart jusqu'ici.

Le bureau du président Ashraf Ghani, exclu des pourparlers, rappelle avoir "toujours insisté sur le fait qu'une vraie paix est atteignable seulement si les talibans arrêtent de tuer des Afghans, acceptent un cessez-le-feu et des discussions directes avec le gouvernement afghan".

Après cette annonce, les talibans, eux, ont menacé les États-Unis de faire "souffrir plus que tout autre" le pays.

Des médias américains ont rapporté que le vice-président Mike Pence, mais aussi le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, étaient opposés à la venue des talibans à Camp David, la résidence secondaire des présidents américains théâtre de plusieurs sommets historiques.

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