L'Afrique du Sud peine à endiguer les violences xénophobes

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L'Afrique du Sud est le théâtre régulier de violences xénophobes, qui ont déjà fait 7 morts en 2015, et 62 morts en 2008.

Les magasins appartenant à des ressortissants de pays étrangers, essentiellement d'origine zimbabwéenne, congolaise ou zambienne, ont suscité des représailles et des appels au boycott dans les pays concernés.

À la suite d'une nouvelle série d'attaques xénophobes sur d'autres Africains vivant en Afrique du Sud, qui ont fait cinq morts et plusieurs magasins incendiés, de nombreux internautes sur Twitter ont réagi avec rage devant des scènes horribles de ces attaques. En 2017, le ton était monté entre les deux plus grandes économies d'Afrique au plus fort de violences contre des migrants africains à Rosettenville, un quartier situé au sud de Johannesburg.

"Nous avons renforcé la sécurité autour des magasins MTN (géant des télécommunications sud-africain), de Multichoice (fournisseur de programmes télévisés) et des supermarchés Shoprite à travers le Nigeria", a déclaré à l'AFP le porte-parole national de la police Franck Mba. "Les attaques visant des commerçants étrangers sont totalement inacceptables, quelque chose qu'on ne peut autoriser en Afrique du Sud".

Pour protester contre les attaques xénophobes en Afrique du Sud, le Nigeria a décidé de son côté de boycotter le Forum économique mondial sur l'Afrique qui s'est ouvert mercredi au Cap, la capitale parlementaire sud-africaine.

Dans une déclaration, le gouvernement nigérian a convoqué le Haut Commissaire de l'Afrique du Sud au Nigeria.

Sa compatriote, Tiwa Savage (8 millions d'abonnés sur Instagram) a, elle, annulé l'un de ses prochains concerts à Johannesburg: "Je refuse de voir mon peuple massacré en Afrique du Sud". Dans un climat marqué par une hausse continue du chômage, les Sud-Africains accusent les expatriés africains de leur "voler" des opportunités d'emploi devenues rares.

Ces violences devenues récurrentes, à caractère xénophobe ont éclaté dans les grandes villes comme Johannesburg et Pretoria.

Le président Sud-africain, Cyril Ramaphosa, a fermement condamné ces attaques, assurant que " tout le monde est la bienvenue en Afrique du Sud ".

Son homologue du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a "condamné" "toute forme de violence alimentée par la haine", saluant cependant "la réponse rapide des autorités sud-africaines" pour tenter de ramener le calme. "S'en prendre à des étrangers n'est pas la bonne attitude", a-t-il répété. Ces postures sont les conséquences directes des actes de violences xénophobes qui minent le pays de Nelson Mandela depuis la fin du week-end dernier.

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