Enquête après la prise en charge "défaillante" d'une femme menacée — Violences conjugales

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"Les gendarmes peuvent vous accompagner", la rassure Elena. "Ils doivent porter assistance aux personnes en danger", insiste Elena, ce à quoi la victime lui rétorque qu'ils ne veulent pas. Non, je ne suis pas sourde...! " tente d'expliquer Elena à un gendarme qui a récupéré le combiné". " "Non " lui répond le militaire, "il faut un ordre d'huissier". "Et ce n'est pas dans le Code pénal", assène-t-il. "C'est au gendarme de la protéger dans un contexte où le risque est évident ". Le gendarme entêté ne cédera pas. "Je pense que c'est de la mauvaise volonté ", lâche enfin Elena avant de lui souhaiter une bonne journée. Elle a ensuite réorienté la victime vers une association locale, s'en est suivi la fin de l'appel d'urgence.

"Ça vous arrive souvent, ça?". "Dimanche, pareil, la gendarmerie a refusé de prendre la plainte d'un dame". Sur place, le chef de l'Etat a été témoin d'une "défaillance": lors d'un échange téléphonique qu'il avait convenu d'écouter sans intervenir, un gendarme a refusé d'aller porter secours à une femme en danger, qui voulait aller récupérer ses affaires chez elle après avoir porté plainte contre son mari. Mais c'est un problème de formation et de perception du danger. "Pas de décret ni de loi", conclut le président.

"Même si le contexte du cas évoqué doit être précisé, la prise en compte de cette victime en difficulté apparaît totalement défaillante", a réagi dans la soirée auprès de l'AFP la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), annonçant l'ouverture d'une enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) "pour déterminer les circonstances de ce manquement". Rien n'y fait, les gendarmes ne démordent pas, ils n'accompagneront pas la dame jusqu'à chez elle. Et a pu constater de ses propres oreilles comment un gendarme refusait son assistance à cette dame... le jour même du lancement du Grenelle contre les violences conjugales. "La façon dont auront été accueillies 500 victimes va être évaluée", a-t-il précisé. Ces places, qui s'ajouteront aux quelque 5.000 existantes, se déclineront en 250 places "dans les centres d'hébergement d'urgence, pour assurer des mises en sécurité immédiates", et 750 places de "logement temporaire", pour des périodes comprises entre 6 mois et un an, a précisé Édouard Philippe.

Sur le plan judiciaire, il a annoncé que des "procureurs référents spécialisés" dans les violences conjugales seraient identifiés "dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et (d') outre-mer" et que des chambres d'urgence seraient expérimentées.

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