Test américain d'un missile : Moscou dénonce une "escalade des tensions militaires"

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Les Etats-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, et ils sont généralement tirés depuis des systèmes Mark 41.

Le traité INF, qui avait permis dans les années 1980 l'élimination des missiles russes SS20 et américains Pershing, au cœur de la crise des euromissiles, abolissait l'usage de toute une série de missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire (de 500 à 5 500 km).

C'est la première fois que ce type de missile est testé depuis la Guerre froide. "Les Etats-Unis prennent de manière flagrante le chemin d'une escalade des tensions militaires, mais nous ne céderons pas à la provocation", a en effet déclaré M. Riabkov.

Un envoyé chinois a déclaré jeudi qu'il était inacceptable que les Etats-Unis se servent de la Chine comme excuse pour quitter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), qui a pris fin le 2 août après le retrait officiel de Washington.

Dans un communiqué, le Pentagone a précisé que l'essai avait eu lieu dimanche sur l'île de San Nicolas en Californie et le missile avait atteint sa cible située à plus de 500 km.

En tout cas, la Russie n'a pas manqué de condamner cet essai de missile sol-sol, en dénonçant, par la voix de Sergueï Riabkov, son vice-ministre des Affaires étrangère, une " escalade des tensions militaires " due aux États-Unis. L'objectif historique du traité était le démantèlement par les Etats-Unis et l'URSS, pendant la guerre froide, d'une certaine catégorie de missiles transportant des charges nucléaires ou conventionnelles.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a annoncé le 1er février dernier que les Etats-Unis suspendraient leur engagement au pacte bilatéral historique sur le contrôle des armes nucléaires avec la Russie et se retireraient formellement de l'accord sous six mois si Moscou ne mettait pas un terme à ses violations présumées du traité. Il a accusé Washington de chercher " la supériorité militaire unilatérale ".

" Maintenant que nous nous sommes retirés, le ministère de la Défense va poursuivre pleinement le développement de ces missiles sol-air conventionnels dans une réponse prudente aux actions de la Russie", expliquait M. Esper.

Cependant, d'après un responsable américain cité par l'AFP, le système de lancement utilisé pour le test serait différent de celui qui équipe les installations AEGIS Ashore.

En visite en France lundi, le président russe Vladimir Poutine a répété que Moscou ne déploierait pas de nouveaux missiles tant que Washington ne le ferait pas.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les États-Unis étaient désormais en mesure de déployer un nouveau missile de croisière en Roumanie et en Pologne et que la Russie se devait de répondre à ce qu'elle considère comme une menace.

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