Fiodor, robot-cosmonaute dans l'ISS

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L'agence spatiale russe Roscosmos vient d'envoyer vers la station spatiale internationale (ISS) Skybot F-850, un robot humanoïde au look un peu inquiétant.

Baptisé Fedor, le robot russe autrement connu sous le numéro d'authentification Skybot F850, a pris place à bord d'un fusée Soyouz qui a décollé de Moscou le jeudi 22 août à 6h38. "L'objectif principal du robot est de l'utiliser pendant les tâches dangereuses à bord du vaisseau spatial, y compris les sorties dans l'espace", ajoute-t-elle. Des mots qui font évidemment référence à ceux prononcés par Youri Gagarine en 1961, lorsqu'il effectua le tout premier vol d'un homme dans l'espace. Voilà Fiodor, confortablement installé dans la fusée, drapeau russe à la main. Fiodor, son prénom russe, se retranscrit "Fedor" en anglais, ce qui correspond à l'acronyme de "Final Experimental Demonstration Object Research".

Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 m de haut et pèse 160 kg. "Que cache encore l'espace?" a publié le robot avant de partir. Sous la supervision du cosmonaute Alexandre Skvortsov, qui a rejoint la Station spatiale internationale en juillet, il va pouvoir se tester en apesanteur. Parmi ses principaux savoir-faire figure notamment celui d'imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu'il pourrait aider les astronautes à réaliser leurs tâches. "Ses opérations l'amèneront à manier un tournevis ou encore des clés", a expliqué Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs au sein de l'Agence spatiale russe (Roskosmos), dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta.

Fedor n'est pas le premier robot à s'envoler vers le cosmos. Dès 2011, la Nasa avait envoyé à bord de l'ISS, Robonaut 2, un robot humanoïde développé en coopération avec General Motors pour travailler dans un environnement à haut risque.

Le très patriotique directeur de Roskosmos, Dmitri Rogozine, a montré en août des photos de Fiodor au président russe Vladimir Poutine, en présentant le robot comme assistant à l'équipage de l'ISS. Il est revenu sur Terre l'an dernier, en raison de problèmes techniques. En 2013, le Japon a également envoyé son robot, Kirobo, en même temps que Koichi Wakata, tout premier commandant japonais de la station.

Malgré les promesses récentes très ambitieuses du Kremlin dans le domaine spatial, le secteur a enchaîné ces dernières années d'humiliants accidents et scandales de corruption.

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