Erdogan accuse trois maires prokurdes destitués d'être au service de terroristes — Turquie

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Le Parti socialiste dénonce vigoureusement la suspension le 19 août 2019, des maires de Diyarbakir, Mardin et Van, municipalités situées dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde.

Le ministère turc de l'Intérieur turc a annoncé lundi que trois maires issus du Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti prokurde turc, avaient été démis de leurs fonctions. Et avant le scrutin de mars, Recep Tayyip Erdogan avait menacé d'avoir à nouveau recours à ce procédé.

Au total, sur les 102 municipalités remportées par des maires prokurdes aux précédentes élections municipales en 2014, 95 avaient été remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement. Le président Erdogan accuse régulièrement le HDP d'être lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux. Mais le parti affirme être visé en raison de son opposition virulente au gouvernement. La mairie de Diyarbakir avait été placée sous haute surveillance lundi matin, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Adnan Selçuk Mizrakli, Ahmet Türk, et Bedia Özgökçe Ertan avaient tous trois été élus le 31 mars dernier, dans des villes du sud-est du pays. Tous trois ont pour l'heure été remplacés par les gouverneurs de leurs provinces respectives, nommés par le gouvernement, selon le ministère de l'Intérieur.

La tentative de coup d'Etat est imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie toute implication, mais outre ses partisans présumés, ces purges ont frappé de plein fouet les milieux prokurdes. Les trois maires avaient été autorisés par les autorités à se présenter aux élections municipales du 31 mars.

"À travers cette décision illégale et anticonstitutionnelle, c'est la volonté du peuple qui est extorquée", a déclaré le co-maire d'Amed Selçuk Mizrakli.

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