Allemagne : le spectre de la récession plane sur l'économie du pays

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Selon une estimation préliminaire (corrigée de prix et de variations saisonnières et calendaires) de Destatis, le PIB de l'Allemagne a reculé de 0,1% au deuxième trimestre 2019, conformément à ce que les économistes espéraient en moyenne.

L'Allemagne a vu son activité économique reculer au deuxième trimestre à cause des tensions commerciales internationales, ravivant les craintes de récession et confortant les partisans d'un plan de relance dans le pays. Le consensus l'estimait à 0,1% seulement. "Je souhaite que l'Allemagne puisse mettre en œuvre plus rapidement une politique de temps partiel en cas de récession rapide de l'économie, au regard des risques économiques mondiaux", déclare Hubertus Heil, ministre fédéral du travail allemand. Plus pessimiste, le gouvernement allemand anticipe depuis la mi-avril une croissance de 0,5% cette année, avant une ré-accélération à +1,5% l'an prochain. La première économie européenne a subi une baisse de sa croissance au second trimestre, après un rebond en début d'année. Le Royaume-Uni de son côté a fait face à une contraction encore plus importante que l'Allemagne avec -0,2% de croissance.

La demande intérieure est devenue ces dernières années un moteur de plus en plus important pour l'économie allemande, les consommateurs bénéficiant du niveau historiquement élevé de l'emploi, de hausses de salaires supérieures à l'inflation et d'un coût du crédit très faible.

La contribution au PIB de la demande intérieure a ainsi été positive au deuxième trimestre avec l'augmentation de la consommation des ménages, des dépenses publiques et de la formation brute de capital fixe par rapport au premier trimestre.

Mais certains observateurs estiment que cet impact positif commence déjà à diminuer.

"Depuis un an maintenant, l'économie allemande ne fait que patiner", a commenté Andreas Rees, analyste d'Unicredit, qui ne voit que peu de perspectives d'amélioration en raison des multiples incertitudes pesant sur les exportations allemandes.

"Au-delà du Brexit, il y a avant tout le conflit commercial sino-américain et l'éventualité de droits de douane américain sur l'automobile européenne", explique-t-il. Cette évolution s'explique surtout par les moindres performances des exportateurs allemands, qui souffrent de l'environnement international dégradé par les conflits commerciaux, comme celui opposant les États-Unis à la Chine.

L'influente fédération patronale de l'institut BDI a ainsi appelé à l'abandon par le gouvernement de la règle dite du "schwarze Null" qui l'oblige à équilibrer strictement le budget, donc à se priver de marges de manoeuvre permettant de soutenir l'économie en cas de besoin.

La chancelière Angela Merkel a reconnu mardi que l'économie allemande traversait "une phase difficile " mais a rejeté l'idée de déficits budgétaires pour financer un quelconque plan de relance.

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