40 000 manifestants à Moscou pour des élections libres — Russie

Share

Samedi 3 août dernier, l'avocate qui a entamé le 13 juillet dernier une grève de la faim pour protester contre le rejet de sa candidature avait déjà été interpellée quelques minutes avant le début d'une manifestation à Moscou. Selon l'ONG Compteur Blanc, près de 50.000 personnes se sont rassemblées à Moscou, la police parlant pour sa part de 20.000 manifestants. Cette contestation, inédite depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, ne faiblit pas, en dépit de la réponse sévère des autorités et de l'absence de presque tous les leaders de l'opposition, condamnés à de courtes peines de prison.

Le rassemblement a démarré vers 14 h (11 h GMT) sur l'avenue Sakharov, seul lieu pour lequel les autorités ont donné leur accord, encadré par une forte présence policière. "On arrête les gens qui manifestent pacifiquement", a déclaré à l'AFP Irina Dargolts, une ingénieure de 60 ans.

Parmi les leaders de l'opposition libérale, elle la seule est encore en liberté, échappant à la détention car elle a un enfant en bas âge. Interdits, les deux rassemblements suivants se sont soldés par respectivement 1.400 et un millier d'interpellations, témoignage d'un durcissement de la répression face à la contestation. Elle a toutefois été interpellée avant la manifestation après une perquisition de la police dans son local de campagne. Mais vous savez quoi faire sans moi. La jeune femme a été libérée quelques heures plus tard. La manifestation de la semaine passée n'avait pas été autorisée. Des hommes masqués sont intervenus dans ses bureaux et la police a déclaré avoir obtenu des informations selon lesquelles l'opposante et d'autres militants prévoyaient de mener des "provocations" lors du rassemblement de samedi. La police a prévenu qu'elle serait "immédiatement stoppée".

Cette semaine, le Parquet a ainsi demandé le retrait de ses droits parentaux à un couple ayant manifesté avec son bébé et laissé peser une menace similaire sur les parents tentés de faire de même. Depuis la manifestation du 27 juillet, les inculpations pour "troubles massifs" se multiplient.

Le "Fonds de lutte contre la corruption" d'Alexeï Navalny, actuellement emprisonné, est quant à lui visé par une nouvelle enquête pour "blanchiment" d'argent sale et ses comptes ont été gelés.

Parallèlement, les autorités tentent par tous les moyens de décourager les jeunes Moscovites de manifester.

La mairie de Moscou, elle, a organisé à la dernière minute un festival de musique gratuit samedi et dimanche dans un parc de la capitale.

Le populaire tabloïd Komsomlskaïa Pravda a lui publié un article titré " Ils veulent du sang " et citant plusieurs personnalités du monde de la culture, notamment des recteurs d'université, mettant en garde contre les manifestations.

Boris Zolotarevskyi, un collaborateur du chef de file de l'opposition Alexeï Navalny, a été arrêté en descendant de la scène juste après avoir demandé aux manifestants de continuer la manifestation devant l'administration présidentielle russe.

Share