Yémen: Le palais présidentiel pris par les séparatistes - Monde

Share

Ils sont venus s'ajouter à la guerre principale qui oppose depuis près de cinq ans les rebelles chiites houthis au gouvernement du Yémen, soutenu par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.

Samedi, des combattants séparatistes -favorables à une indépendance du sud du Yémen- ont affirmé avoir beaucoup progressé à Aden, faisant battre en retraite des soldats gouvernementaux assiégés selon eux au palais présidentiel.

S'il s'agit d'une prise surtout symbolique -le président Abd Rabbo Mansour Hadi et son Premier ministre se trouvent en Arabie Saoudite-, elle n'en marque pas moins un tournant, le ministère yéménite des Affaires étrangères ayant accusé les Emirats d'être "responsables du coup d'Etat" des séparatistes à Aden.

Selon des informations préliminaires, 40 personnes ont été tuées et 260 blessées depuis le 8 août à Aden, dont de nombreux civils, a précisé la coordonnatrice de l'ONU.

Médecins sans frontières, qui gère un hôpital d'Aden, a déclaré auparavant avoir admis 119 blessés en 24 heures.

Les organisations humanitaires continuent de fonctionner à Aden où 1,9 million de personnes reçoivent une aide alimentaire chaque mois, a indiqué Mme Grande, appelant les belligérants à tout faire pour protéger les civils.

En raison de la guerre qui fait rage entre les Houthis et le camp antirebelles, le Yémen connaît déjà la pire crise humanitaire au monde. Près de 80% de la population totale, soit 24,1 millions de personnes, ont besoin d'assistance. Les rues se sont animées à mesure que l'heure avançait et de nombreux habitants sont sortis en famille, selon un correspondant de l'AFP.

Les circonstances du déclenchement des hostilités entre séparatistes et unités gouvernementales restent floues, mais des responsables séparatistes ont accusé le parti islamiste Al-Islah d'avoir tué un de leurs commandants. Ils affirment aussi depuis un moment qu'Al-Islah a "infiltré" le gouvernement Hadi.

Les combats à Aden entre éléments séparatistes du "Cordon de sécurité", soutenus par les Émirats arabes unis, et troupes du gouvernement, ont fait au moins 18 morts (combattants et civils), selon des médecins et des sources de sécurité.

Aden était la capitale du Yémen du Sud, un Etat indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990. Les Émirats ont formé la force " Cordon de sécurité ", liée aux séparatistes et directement impliquée dans la prise des casernes et du palais présidentiel.

Avant même que le palais présidentiel ne tombe, le vice-ministre des Affaires étrangères Mohammed al-Hadhrami du gouvernement Hadi avait condamné via Twitter un "coup d'État contre les institutions légitimes" du Yémen.

"Nous demandons aux Emirats d'immédiatement cesser leur soutien matériel et militaire aux groupes qui se sont rebellés contre l'Etat", a-t-il déclaré.

Le gouvernement yéménite avait appelé jeudi l'Arabie saoudite et les Emirats à "faire pression de manière urgente" sur ces partisans d'un Yémen du Sud indépendant "pour empêcher" toute escalade militaire.

Pour éviter une guerre civile dans la guerre civile, une réunion d'urgence devrait être organisée à Riyad où s'abrite le président yéménite Hadi, les séparatistes se disent disposés à renouer le dialogue. Dans le sud, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du Nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. C'est la deuxième fois que les deux forces alliées s'opposent après des combats en janvier 2018 qui avaient fait 38 morts.

Le Yémen est à présent confronté au risque d'une " guerre civile dans la guerre civile", a estimé le centre de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG).

Share