L'humanité à l'heure des choix — Alimentation et climat

Share

Pour le Giec, il est indispensable de revoir la façon dont sont utilisées et cultivées les terres dans le monde pour pouvoir assurer à la fois la sécurité alimentaire des Terriens et la lutte contre le réchauffement climatique, prévient le Giec dans son rapport, approuvé par les Etats mercredi à Genève, et rendu public, ce jeudi.

"Par ses efforts nationaux et un accompagnement européen, la France va appuyer l'adoption d'un cadre international ambitieux pour la protection de la biodiversité lors de la COP15 Biodiversité en Chine en 2020" et "le gouvernement accompagne également les filières agricoles afin de pleinement réussir leur transition vers l'agroécologie et vers une bio-économie plus résiliente". Voici les points clés du rapport.

La consommation humaine affecte directement plus de 70% de la surface terrestre mondiale libre de glace et l'agriculture représente 70% de l'utilisation d'eau douce, a ajouté le GIEC dans son rapport.

"C'est un enchaînement désastreux: des terres limitées, une population humaine en expansion, le tout enveloppé dans la couverture suffocante de l'urgence climatique", commente Dave Reay, professeur spécialisé dans les techniques de gestion du carbone à l'université d'Edimbourg. L'exploitation des sols génère près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Découvrez où les températures ont augmenté le plus et à quel rythme. Conséquences: des canicules et des périodes de sécheresse plus fréquentes, et plus intenses. Autre menace, le changement de système alimentaire des hommes qui pousse à la surproduction.

Mais ce n'est pas la seule solution et la réduction des émissions de tous les secteurs est essentielle pour enrayer rapidement le réchauffement climatique. "À 2°C, les risques pour l'approvisionnement alimentaire pourraient devenir très importants", met en garde le rapport, relayé par le site du Parisien. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les plus pauvres sont en première ligne. Environ 820 millions de personnes souffrent de la faim, deux milliards d'adultes sont obèses ou en surpoids et 30 % de la nourriture serait perdue.

Ils incluent des mesures d'atténuation basées sur les terres et des changements d'usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies.

Le temps est compté, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53 °C, le double de la hausse globale (océans compris), selon le rapport.

Les experts du GIEC établissent surtout des interactions entre changement climatique, désertification et sécurité alimentaire.

Les scénarios nécessitant d'importantes conversions de terres (reboisement pour capturer du CO2, champs dédiés aux bioénergies.) pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir " des effets secondaires indésirables ": désertification, dégradation des terres, insécurité alimentaire.

Des changements dans les modes de consommation seront nécessaires et peuvent être orientés par des choix politiques, selon le Giec.

Le GIEC préconise davantage de graines, fruits, légumes et de nourriture animale durable et responsable de peu d'émissions de gaz à effet de serre.

Share