Troisième jour de négociations de paix

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Mais ils veulent d'abord obtenir des insurgés l'assurance qu'ils cesseront tout lien avec Al-Qaïda et empêcheront d'autres jihadistes comme ceux du groupe Etat islamique d'utiliser l'Afghanistan comme un refuge.

Le président Trump a parlé vendredi de "beaucoup de progrès" réalisés dans les négociations avec les insurgés afghans.

L'ONU a de son côté annoncé que juillet a été le mois le plus meurtrier depuis 2017 dans le pays.

Selon une source talibane, des préparatifs ont lieu en vue d'organiser une rencontre directe entre l'émissaire américain et le chef politique des talibans, le Mullah Baradar.

Sur le terrain, les zones que contrôlent aujourd'hui les taliban occupent une superficie supérieure à ce qu'elle a jamais été depuis que les islamistes ont été évincés du pouvoir lors de l'intervention américaine de 2001 consécutive aux attentats du 11-Septembre préparés sur le sol afghan par Al Qaïda.

Selon le "Washington Post".la proposition d'accord sur la table prévoit de réduire le nombre de soldats américains en Afghanistan à 8000, contre 14'000 actuellement.

Chassés du pouvoir par cette intervention, les talibans mènent depuis une insurrection meurtrière dans le pays.

"Nous visons un accord de paix, non pas un accord de retrait (des troupes): un accord de paix qui permette le retrait", a insisté vendredi sur Twitter Zalmay Khalilzad à son arrivée à Doha. "Notre présence en Afghanistan se fonde sur une série de conditions, et tout retrait sera pareillement fondé sur une série de conditions", ajoute-t-il.

L'accord entre Washington et les Taliban ouvrirait en effet la voie à un dialogue "interafghan" entre les insurgés et une délégation gouvernementale afghane.

Les talibans ont jusqu'ici fermement refusé de discuter avec le gouvernement du président afghan Ashraf Ghani, qu'ils considèrent illégitime, à l'exception d'une réunion récente à laquelle des représentants gouvernementaux avaient pris part " à titre personnel ".

Cette rencontre s'était conclue par la promesse d'une "feuille de route pour la paix", incluant notamment le retour des déplacés et mentionnant les droits des femmes, dont beaucoup en Afghanistan s'inquiètent qu'ils soient sacrifiés sur l'autel d'un compromis avec les talibans.

"Les négociations seront difficiles, et les talibans devraient savoir qu'aucun Afghan n'est inférieur à eux en termes de religion ou de courage", a-t-il poursuivi.

L'éventuel accord entre Washington et les talibans suscite toutefois des doutes chez les spécialistes.

" Al-Qaïda va poursuivre les combats et miser sur le fait qu'une fois les États-Unis partis, ils ne reviendront pas", estime-t-il".

Beaucoup craignent que Washington, pressé de mettre un terme à la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis, conclue hâtivement un accord de retrait de ses troupes qui permettrait aux insurgés de retrouver une forme de pouvoir.

Le nombre de victimes du conflit afghan a fortement augmenté en juillet, avec plus de 1.500 civils tués ou blessés, le chef de la Mission d'aide des Nations unies en Afghanistan (Manua) déplorant l'intensification du conflit parallèle aux efforts de paix à Doha.

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