Les dirigeants de l’IGPN sortent du silence — Mort de Steve

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Mais que fait la police des polices? " Quand j'allume la radio et que j'entends que c'est terminé, que l'IGPN a complètement dédouané les forces de police et que c'est la fin de l'histoire, moi aussi je m'insurge". Aveu d'impuissance ou manière de se dédouaner?

Dans un entretien accordé à Libération, la directrice de l'Inspection Générale de la Police Nationale Brigitte Jullien affirme que la "police des polices" a ouvert 288 enquêtes pour présomption de "violences policières" depuis le début de la mobilisation des "gilets jaunes", qui date du 17 novembre 2018. Dans une synthèse rendue publique, la "police des polices" indique qu'elle n'a pu établir de lien entre l'action des forces de l'ordre ce soir-là quai Wilson et la disparition dans le même secteur du jeune homme de 24 ans, dont le corps a été retrouvé lundi dernier dans la Loire. En plus des mobilisations dans la rue ce samedi pour exiger justice et vérité sur l'affaire - deux choses que l'IGPN n'est apparemment pas prête de proposer - la colère a pris sur les réseaux sociaux où de très nombreuses personnes ont mis en avant le fait que l'IGPN sert au gouvernement à blanchir sa police qui mutile et qui tue.

Du propre aveu de l'institution, les investigations de l'IGPN sont donc lacunaires. "Cela veut dire qu'on doit faire ce qu'on peut avec les moyens dont on dispose dans le cadre d'une enquête administrative", admet David Chantreux.

"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voire!'", répond Brigitte Jullien au journal Libération. On dit simplement qu'on n'a pas établi un lien avec les moyens d'une enquête administrative", poursuit David Chantreux, avant d'ajouter: " et ce ne sont pas des moyens de police judiciaire.

L'IGPN invoque notamment l'impossibilité d'accéder aux procès-verbaux recueillis lors de dépôts de plaintes, ou de convoquer des tiers pour témoigner. Les témoins seront interrogés. "Mais ce n'est pas la réalité", assure au quotidien David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes. Des participants avaient raconté avoir été aveuglés par du gaz lacrymogène.

Selon la directrice de l'IGPN, l'emploi de la force était légitime "en réaction à des jets de projectiles".

Enfin, sur la question d'une "charge" de policiers en direction des manifestants, pour David Chantreux il n'y a pas eu de "bon offensif". Peut-être un mort, tout de même. "Le commissaire a réussi à faire reculer la foule pour que ses policiers ne soient pas débordés, même s'ils l'ont été à un moment, avec le moins de dommage physique possible", avance la patronne de l'IGPN.

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